Georg Elser naît à Hermaringen (Allemagne) le 4 janvier 1903 et décéde au Camp de Dachau le 9 avril 1945.
Inquiet de la soumission récente de son pays au pouvoir totalitaire nazi aussi prompt à éliminer ses contestataires qu’à fourbir des armes contre ses voisins européens, Georg Elser décide de passer à l’action afin d’empêcher l’éclosion d’un nouveau conflit mondial, pour éviter dira-t-il « que plus de sang encore ne soit versé ».
Il imagine attenter à la vie d’Hitler à l’occasion de la commémoration annuelle de son putsch raté de 1923, anniversaire donnant lieu dans une brasserie de Munich, la Bürgerbräukeller, à un rassemblement festif autour du führer et de ses proches collaborateurs. Ayant exercé le métier d’horloger, puis pour les besoins du projet, celui de carrier, il se lance dans la fabrication d’une bombe à retardement, sensée exploser en présence des dignitaires du parti national socialiste. Les préparatifs dureront une année, la difficulté résidant essentiellement dans la préparation d’un pilier susceptible de recevoir le moment venu les explosifs.
L’attentat se déroule comme prévu, et l’explosion programmée le 8 novembre 1939 à 21 h 20 tue huit personnes et en blesse une soixantaine. Malheureusement, l’implication personnelle d‘Hitler dans les derniers préparatifs de la guerre qui s’annonce, doublée d’un retour sur Berlin par train et non par avion pour cause de météo exécrable ont imposé un raccourcissement de la cérémonie. Pressé par le temps, Hitler abrège son discours, quitte les lieux vingt minutes plus tôt que prévu, échappant de justesse au carnage.
L’enquête diligentée par Reinhard Heydrich, recevant les ordres directement d’Hitler, porte rapidement ses fruits. Dés le 8 novembre en effet, un individu suspect porteur d’une carte postale représentant le lieu de l’attentat munichois est interpellé à la frontière lors d’une tentative de passage en Suisse. La confrontation des indices se fait sans délai, aboutissant à l’arrestation du suspect. Son nom est Georg Elser. Sous la torture, il passe aux aveux, et indique avoir agi seul, de l’élaboration à l’exécution de son plan.
Emprisonné à Berlin jusqu’en 1941, il est ensuite transféré dans le camp de concentration d’Oranienburg-Sachsenhausen, affecté au « camp spécial » réservé aux personnalités et autres prisonniers de marque. Edouard Herriot et Paul Reynaud seront internés dans ce même secteur. Georg Elser devient un de ces prisonniers « particuliers » pour lequel Hitler donne des consignes personnelles. Ses conditions de détention restent curieusement acceptables, et ses geôliers ont pour ordre de satisfaire nombre de ses besoins. Il est cependant placé en isolement. En 1944 il rejoint le camp de Dachau, où ses conditions d’internement restent sensiblement les mêmes. Il faut noter qu’aucun membre de sa famille n’eut à supporter les moindres représailles, aucune arrestation, aucune déportation dans un camp, les enquêteurs ayant conclu leurs investigations par la responsabilité unique et entière de Georg Elser dans la préparation et la réalisation de l’attentat.
En avril 1945, devant la situation militaire désastreuse du Reich présageant d’une défaite totale pour lui, Hitler prend la décision d’éliminer certains de ces détenus singuliers. Georg Elser est exécuté à Dachau le 9 avril. Il est vraisemblable que sa survie étonnante soit liée à un hypothétique procès imaginé par Hitler, qui la guerre finie, aurait cherché à impliquer les services secrets anglais dans la tentative d’attentat de Munich.
Depuis 2001, un prix « Georg Elser » récompense chaque année le comportement exceptionnellement courageux d’un citoyen allemand.
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Annie
Mullenbach-Nigay vit en région parisienne. Auteur de poèmes et de nouvelles, dont plusieurs sur le thème de la Shoah, elle a reçu le Prix des Beffrois en 2008 pour son
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