Camp de Ravensbrück

1989 – 30ème anniversaire du souvenir à Ravensbrück - Groupe sculptural de Fritz Cremer, « Mères » - Dentelé 14 – Pays émetteur : République Démocratique Allemande – Valeur faciale : 35 pfennig.

Si la construction du camp démarre en novembre 1938, l’ouverture de Ravensbrück n’est effective que le 15 mai 1939 lorsque 867 prisonnières en provenance d’un premier camp pour femmes situé à Lichtenburg y sont installées, à proximité du lac Schwedt et de l’ancienne station thermale de Fürstenberg (Région du Mecklenburg). Plus tard, en avril 1941, un camp pour hommes, le Kleiner Männerlager, ouvre ses portes à l’intérieur du même périmètre. Ravensbrück demeurera cependant jusqu’à la chute du IIIème Reich l’unique camp de concentration réservé aux femmes.

Soumis de mois en mois à un accroissement constant de ses effectifs, le camp présente inéluctablement des conditions de vie de plus en plus dégradées. De 1 168 en 1939, le nombre de déportées passe à 3 600 en 1941, puis bondit à 10 000 en 1943 pour atteindre les 80 000 en 1944 pour une capacité totale prévue de 20 000 détenues ! En ce qui concerne les déportées françaises, leur nombre est estimé entre 7 000 et 10 000 arrivées entre le début de l’année 1942 et l’automne 1944. Au final, 132 000 femmes et enfants, ainsi que 20 000 hommes y sont immatriculés, représentant plus de 40 nations. Les recherches historiques établissent un bilan minimum de 70 000 victimes, dont un nombre indéterminé de Juifs, de Sinti et Roms et de Témoins de Jéhovah.

Le Mémorial de Ravensbrück inauguré le 12 septembre 1959 s’organise dans un périmètre cerné par la rive du Schwedt See, le reliquat du mur d’enceinte d’une hauteur de 4 mètres appelé le Mur des Nations, et le bâtiment abritant les deux fours crématoires. Ces œuvres placent au centre de la mémoire de Ravensbrück, le souvenir des femmes, sous entendu celui des mères,  et donc celui des enfants et même des bébés, à qui rien ne fut épargné. Une des œuvres maitresses de Fritz Cremer (1906-1993), Müttergruppe, « Mères », bronze de 2m10 de hauteur réalisé en 1961 trônant sur la Dorferstraβe en direction du camp de Ravensbrück en est d'ailleurs l’évocation tragique et sensible.

 

1957 – Carte évoquant le projet de Mémorial du camp de Ravensbrück destiné à être inauguré en 1959 – Groupe sculptural imaginé par Will Lammert sur la rive du Schwedt See. Au sommet de la colonne, la statue « Tragende », à ses pieds les personnages qui au final prendront place à Berlin sur le site de l’ancien cimetière juif.

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