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Trois cent témoins ont apporté leur contribution à cette oeuvre relatant l'histoire des Français dans le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, camp central dans le système concentrationnaire nazi, et désigné par les déportés eux mêmes par un diminutif: SACHSO. Projet élaboré en 1971 par l'Amicale des anciens déportés, fidèle aux valeurs de solidarité et de fraternité qui animaient ces derniers, cet ouvrage est d'une importance majeure pour une meilleure connaissance de la vie dans les camps.

"Sachso", travail collectif par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Collection Terre Humaine - Editions PLON
ISBN: 2-259-00894-1

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Philatélie et mémoire

Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 23:23

Georg Elser naît à Hermaringen (Allemagne) le 4 janvier 1903  et décéde au Camp de Dachau le 9 avril 1945.

      Inquiet de la soumission récente de son pays au pouvoir totalitaire nazi aussi prompt à éliminer ses contestataires qu’à fourbir des armes contre ses voisins européens, Georg Elser décide de passer à l’action afin d’empêcher l’éclosion d’un nouveau conflit mondial, pour éviter dira-t-il « que plus de sang encore ne soit versé ».

      Il imagine attenter à la vie d’Hitler à l’occasion de la commémoration annuelle de son putsch raté de 1923, anniversaire donnant lieu dans une brasserie de Munich, la Bürgerbräukeller, à un rassemblement festif autour du führer et de ses proches collaborateurs. Ayant exercé le métier d’horloger, puis pour les besoins du projet, celui de carrier, il se lance dans la fabrication d’une bombe à retardement, sensée exploser en présence des dignitaires du parti national socialiste. Les préparatifs dureront une année, la difficulté résidant essentiellement dans la préparation d’un pilier susceptible de recevoir le moment venu les explosifs.

Georg Elser HP 1200 avec cadre adouci

     L’attentat se déroule comme prévu, et l’explosion programmée le 8 novembre 1939 à 21 h 20 tue huit personnes et en blesse une soixantaine. Malheureusement, l’implication personnelle d‘Hitler dans les derniers préparatifs de la guerre qui s’annonce, doublée d’un retour sur Berlin par train et non par avion pour cause de météo exécrable ont imposé un raccourcissement de la cérémonie. Pressé par le temps, Hitler abrège son discours, quitte les lieux vingt minutes plus tôt que prévu, échappant de justesse au carnage.

     L’enquête diligentée par Reinhard Heydrich, recevant les ordres directement d’Hitler, porte rapidement ses fruits. Dés le 8 novembre en effet, un individu suspect porteur d’une carte postale représentant le lieu de l’attentat munichois est interpellé à la frontière lors d’une tentative de passage en Suisse. La confrontation des indices se fait sans délai, aboutissant à l’arrestation du suspect. Son nom est Georg Elser. Sous la torture, il passe aux aveux, et indique avoir agi seul, de l’élaboration à l’exécution de son plan.

     Emprisonné à Berlin jusqu’en 1941, il est ensuite transféré dans le camp de concentration d’Oranienburg-Sachsenhausen, affecté au « camp spécial » réservé aux personnalités et autres prisonniers de marque. Edouard Herriot et Paul Reynaud seront internés dans ce même secteur. Georg Elser devient un de ces prisonniers « particuliers » pour lequel Hitler donne des consignes personnelles. Ses conditions de détention restent curieusement acceptables, et ses geôliers ont pour ordre de satisfaire nombre de ses besoins. Il est cependant placé en isolement. En 1944 il rejoint le camp de Dachau, où ses conditions d’internement restent sensiblement les mêmes. Il faut noter qu’aucun membre de sa famille n’eut à supporter les moindres représailles,  aucune arrestation, aucune déportation dans un camp, les enquêteurs ayant conclu leurs investigations par la responsabilité unique et entière de Georg Elser dans la préparation et la réalisation de l’attentat.

      En avril 1945, devant la situation militaire désastreuse du Reich présageant d’une défaite totale pour lui, Hitler prend la décision d’éliminer certains de ces détenus singuliers. Georg Elser est exécuté  à Dachau le 9 avril. Il est vraisemblable que sa survie étonnante soit liée à un hypothétique procès imaginé par Hitler, qui la guerre finie, aurait cherché à impliquer les services secrets anglais dans la tentative d’attentat de Munich.

     Depuis 2001, un prix « Georg Elser » récompense chaque année le comportement exceptionnellement courageux d’un citoyen allemand.

Par Michel C. - Publié dans : Philatélie et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 11:00

« A un moment donné, Anne s’est trouvée devant moi, enveloppée dans une couverture. Elle n’avait plus de larmes pour pleurer. Chez nous toutes d’ailleurs, les larmes s’étaient taries. Elle m’a dit que les poux et les puces qui infestaient ses vêtements lui faisaient tellement horreur qu’elle avait tout jeté. Nous étions au cœur de l’hiver et elle n’avait plus qu’une couverture sur le dos. J’ai rassemblé tout ce que j’ai pu trouver pour l’habiller de nouveau ».

 Anne Frank sur couverture LIFE


Lorsqu’il écoute en juin 1945 Janny Brilleslijper lui décrire les conditions de vie de sa fille dans le camp de Bergen Belsen, Otto Frank plonge dans un profond abattement, incapable d’assumer l’image de sa petite Anne, âgée seulement de 15 ans, et livrée au destin inhumain des camps de la mort.  Janny est en effet un témoin fiable. Anne et sa sœur Margot avaient sympathisé avec elle durant leur séjour dans le camp de transit néerlandais de Westerbork, juste après leur arrestation, le 4 aout 1944. Elles avaient quitté ensemble les Pays Bas par le même convoi bondé pour être débarquées à Auschwitz dans la nuit du 5 au 6 septembre. Ce fut à cet instant précisément qu’Anne et Otto échangèrent un dernier regard alors que les chambres à gaz engloutissaient plus de la moitié des 1019 personnes qui se trouvaient dans les wagons. Janny avaient traversé également avec elles la énième sélection qui les dirigea vers Bergen Belsen, ce camp enragé où les tempêtes de neige incessantes s’alliaient aux  épidémies de typhus pour décimer les châlits. Les derniers espoirs de retrouver vivantes ses deux enfants s’évanouirent ainsi, dans les rafales de vent transfixiantes, dans la précarité insupportable imposée aux enfants affamés, et dans les accès de fièvre incoercibles,  les préliminaires des pires détresses. Mars 1945 fut un enfer pour les plus fragiles. « Margot est tombée de son lit et elle est restée allongée sur la pierre glacée, incapable de se relever.  Anne est morte le lendemain » raconte Janny.

 

Au fond de son gouffre, Otto Frank ne soupçonne nullement l’existence du projet littéraire qui pour des années entières lui permettrait de transcender sa peine et sa solitude. « Voici l’héritage que vous a laissé votre fille Anne ». C’est avec ces mots que Miep Gies, collaboratrice d’Otto dans son ancienne entreprise, accueille son ancien patron, avec dans les bras une sorte de calepin accompagné de feuillets manuscrits. Pour Otto débute une nouvelle épreuve, inattendue. Un retour en arrière douloureux qui attise la peine de l’absence de tous les êtres aimés. Par étapes, par bribes, il remonte le temps et refait le parcours familial couché sur le papier par sa fille depuis le 14 juin 1942 jusqu’au 1er aout 1944. Au départ, il ne voit dans le texte qu’une sorte de journal intime dans lequel Anne semble s’engager dans la description du  quotidien au sein de la cellule familiale, ou à l’intérieur de son école. Otto pourtant reste abasourdi lorsqu’au fil des pages, se dessine le contour d’une jeune fille méconnue de lui, profonde dans ses sentiments, et dans ses analyses des comportements et des évènements autour d’elle.


Carte maximum maison anne frank 1980-copie-2

Les écrits d’Anne Frank couvrent en fait deux périodes successives. La première démarre le jour de son anniversaire (13 ans), date à laquelle Anne se voit offrir un carnet repéré quelques jours plus tôt dans la vitrine d’un magasin amstellodamien.  Elle s’achève le 5 juillet 1942, la veille de la fuite masquée de la famille Frank vers la Suisse, qui en réalité rejoint « l’Annexe » avec quatre autres personnes pour une période totale de clandestinité de deux années complètes.

 

La lecture du document terminée, Otto se tourne d’abord vers sa famille afin de partager avec les seuls rescapés de la guerre cette découverte singulière. Quelle n'est pas sa surprise devant la réaction de ces lecteurs enthousiasmés qui le persuadent de se mettre sur le champ en quête d’un éditeur ! Dans cette première année d’après guerre, le challenge se révèle difficile, les souffrances encore vives déclenchant un phénomène de rejet compréhensible vis-à-vis de ce qui touche de près ou de loin au conflit. Malgré tout, le 3 avril 1946, parait  sous la plume de l'historien Jan Romein, un article de presse élogieux quant à la  valeur humaine et historique de l’œuvre. L’auteur n’a pu rester insensible à la description des peines et des joies, des colères et des espoirs d’une adolescente cloitrée  entre quatre murs, dont le seul horizon crédible se résumait à un simple châtaignier en face de sa fenêtre. Il ne fut pas davantage insensible à la capacité d’analyse de la même jeune fille, soumise à la pression psychologique du groupe, capable successivement de s’amouracher de l’un de ses « colocataires », de remercier le ciel du dévouement et de la fidélité de leurs quatre protecteurs restés hors de le l’annexe, et de pointer du doigt un possible avenir hollywoodien en se regardant dans un miroir ! Ce journal, puissant et émouvant, l’avait ramené  en fait à son propre vécu, à ces années d’occupation que lui-même et sa famille avaient traversé avec angoisse, « ces années remplies du rugissement des avions au dessus des têtes, et des bottes de soldats dans les rues ».

 

L’article attire immédiatement l’attention de plusieurs maisons d’édition, désireuses d’acquérir au plus tôt les droits sur un futur ouvrage. Otto reste partagé sur le sens de cette victoire. A l’intérieur du témoignage d’Anne, se révèle en effet l’intimité de la vie dissoute dans la tragédie de l’Histoire de tous ceux qui nourrissaient sa propre existence. Il est le seul rescapé des huit « habitants » de l’annexe, le seul à avoir survécu à l’enfer des camps, et quelque part dans ce projet de publication, il se voit dépossédé de leur histoire commune. Mais certainement doit-il prendre conscience en même temps, que sous certaines conditions,  cette œuvre permettrait de lutter contre l’oubli, cette deuxième façon pour les bourreaux d’effacer leurs méfaits.

 

C’était enfin à la propre volonté de sa fille qu’Otto Frank pouvait concevoir de se soumettre. Car n’était-ce pas là une manière de lui rendre justice,  en mettant en lumière son destin volé, elle qui au printemps 1944 suite à une émission radiophonique s’était lancée dans la ré - écriture de son journal, dans l’idée de participer à l’élaboration de la mémoire collective de son pays ? Elle qui consigne le 4 avril 1944 : « Voilà la question capitale. Serai-je capable d’écrire quelque chose de grand, deviendrai-je jamais  journaliste ou  écrivain ? Je l’espère, oh je l’espère tant… ». En 1947, les Editions « Contact » publient avec l’accord d’Otto Frank le journal d’Anne sous le titre imaginé d’ailleurs par elle-même : l’Annexe.

 

Le succès littéraire de ce journal inattendu est immédiat, parachevé d'abord par une adaptation théatrale à Broadway en 1955, puis par la réalisation d'un long métrage inspiré des textes d’Anne Frank. De cet engouement populaire va surgir une demande aussi imprévue que pressante. Nombreux sont en effet les lecteurs passionnés qui dés 1947 prennent la direction du 263 Prinsengracht à Amsterdam afin de visiter les lieux originaux ayant servi de cadre au Journal. Mais  la frustration est terrible puisque Otto Frank n’est plus le propriétaire des lieux depuis bien longtemps ! L’immeuble pourtant est intact, prêt à ouvrir ses portes aux futurs visiteurs qu’une Fondation rapidement mise sur pied imagine drainer à travers les étages du bâtiment, à la poursuite de l’âme de la jeune Anne. Le projet aboutit sous le nom d’Anne Frank Huis, la Maison d’Anne Frank, inaugurée en 1960.


 Anne Frank Bundespost 60 HP 1200 cadre adouci

" J'aimerai ressembler toujours à cette photo. Alors j'aurai peut être la chance d'aller à Hollywood !"       Anne Frank, le 10 octobre 1942

La notoriété d’Anne Frank l’écrivaine est devenue planétaire. Son Journal a été publié en 60 langues environ, pour plus de 25 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Malgré tout, le manuscrit ne fut jamais exempt d’attaques et de controverses. Primo Levi en son temps défendit le texte contre ceux qui dénonçaient la mise en exergue d’un journal dont le succès pouvait être jugé arrogant vis-à-vis de l’assassinat de dizaines de milliers d’autres enfants juifs demeurés inconnus. En 2009 au Liban, les attaques furent encore plus violentes contre le manuscrit. Lorsqu'un établissement scolaire privé de Beyrouth proposa à ses élèves d'utiliser un manuel reproduisant des extraits du Journal, il fut mis sous pression par les intégristes, obligé finalement de retirer ces ouvrages. Anne Frank, morte à 15 ans dans l'enfer de Bergen Belsen, était ainsi qualifiée par ses accusateurs de sioniste dans ces pages adolescentes !

 

Certes, la réussite de la Maison d’Anne Frank a permis à Otto de se réconcilier avec les blessures du passé. Mais ce n’est pas le succès en lui-même qui a permis cette survie. C’est de toute évidence la volonté du public de redonner vie à Anne bien sur, mais aussi à Margot, Edith, Hermann, Auguste, Peter et Fritz, les sept « victimes » de l’Annexe assassinées dans les camps,  leur attribuant de fait le statut de témoins-symboles, capables de traverser le temps et de toucher les jeunes générations, grâce au caractère universel du message porté par les mots d’Anne Frank :

 

« Il m’est absolument impossible de tout construire sur une base de mort, de misère et de confusion. Je vois comment le monde se transforme lentement en désert. J’entends plus fort, toujours plus fort, le grondement du tonnerre qui approche et nous tuera, nous aussi. Je ressens la souffrance de millions de personnes et pourtant quand je regarde le ciel, je pense que tout finira par s’arranger, que cette brutalité aura une fin, que le calme et la paix reviendront régner sur le monde. En attendant, je dois garder mes pensées à l’abri.  Qui sait ? Peut-être trouveront-elles une application dans les temps à venir ! »

                                                                                                                                   15 juillet 1944

Par Michel C. - Publié dans : Philatélie et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /Oct /2009 13:02

 

Edith Stein naît à Breslau, en Allemagne, le 12 octobre 1891. A peine âgée de 7 ans, Edith Stein force l’admiration de son entourage par une très précoce maîtrise d’elle-même, témoin d’une non moins surprenante sérénité intérieure. Sa mère est son inspiratrice, exemple de droiture et de fidélité à des valeurs simples, comme l’attachement aux proches et l’attention portée à ses semblables. Mais ceci n’empêche nullement Edith de se détourner du judaïsme. Ce désintéressement est progressif, supplanté jour après jour par une attirance et une volonté farouche d’accéder à la connaissance. Et au regret de sa mère, elle annonce à 13 ans son intention bien pesée d’abandonner toute pratique religieuse. Cette soif de savoir, cette quête perpétuelle de la vérité la dirige vers le sujet qui la révèlera à elle-même et au monde, la philosophie. « Nous sommes ici bas pour servir l’humanité, affirme-t-elle. Le mieux est de faire ce pourquoi on est le plus apte ».

 
Son parcours estudiantin l’amène à  la rencontre de 2 personnalités majeures . Tout d’abord Edmund Husserl, philosophe fondateur de la Phénomènologie transcendantale. A Göttingen, Edith passe aisément du statut d’étudiante à celui d’assistante du maître. Celui-ci lui fait découvrir une philosophie objective du concret, éloignée mais tout de même complémentaire de la perception subjective d’un Kant. A Göttingen également, Edith croise Max Scheler, enseignant en philosophie et sociologie à l’université de Cologne. Il engagera Edith à porter son intérêt sur les valeurs du catholicisme.  

 

Mais voici que démarre le premier conflit mondial du siècle. Edith, décidée à ne pas rester inactive, rejoint un hôpital autrichien dans lequel, après une formation succincte, elle se voit attribuer en toute confiance des missions habituellement confiées à des infirmières. Cette terrible expérience auprès de jeunes hommes brisés par la guerre constituera le cadre fondamental d’une thèse soutenue à Fribourg-en-Brisgau sous le titre « Sur le problème de l’empathie ». C’est encore pendant le conflit qu’elle rencontre Anna Reinach, l’épouse du philosophe allemand récemment tombé dans les batailles en Flandres. Convertie depuis peu au protestantisme, Anna réconcilie Edith avec l’idée d’une force divine maîtresse de son destin. Cette rencontre est un déclic. Elle croyait rencontrer une amie, elle rencontre la foi ! En 1921, elle demande le baptême. Il aura lieu le 1er janvier 1922 dans l’église de Bergzabern, prés de Wissembourg.

 

Durant une dizaine d’années, Edith Stein allie ses activités d’enseignement et son travail d’écriture, ceci jusqu’à ce que les lois antijuives promulguées par les nazis à leur arrivée au pouvoir en 1933 lui interdisent de s’exprimer en public. C’est en pleine conscience du danger qui s’abat sur son Allemagne chérie qu’elle affirme : « Je commençais à comprendre soudainement que Dieu avait encore une fois posé lourdement sa main sur mon peuple, et que le destin de celui-ci était aussi mon destin ». Le 14 octobre 1933, elle rentre au Carmel de Cologne. Le 14 avril 1934, s’y déroule sa cérémonie de la prise d’habit, date à partir de laquelle elle devient Sœur Thérèse Bénédicte de la Croix. Un an plus tard, elle prononce ses vœux temporaires, puis le 21 avril 1938 ses vœux définitifs. Pendant ces années au Carmel de Cologne, elle poursuit son œuvre et rédige « De la vie d’une famille juive ». Faisant face aux tortures infligées à son peuple, elle désire simplement y évoquer « ce qu’elle a vécu en tant que juive, face à une jeunesse qui aujourd’hui est éduquée depuis l’âge le plus tendre à haïr les juifs ».

 

Les évènements ne lui laissent aucun autre choix que la fuite vers l’étranger. C’est aidée par la Mère Prieure des Carmélites qu’elle parvient à se réfugier aux Pays-Bas le 1er janvier 1938, pour rejoindre ensuite le  monastère de Echt. Dés lors, dans une vision prémonitoire, elle rédige son testament spirituel: « Déjà maintenant, j’accepte avec joie en totale soumission et selon sa très sainte volonté, la mort que Dieu m’a destinée ». Lucide quant à l’avenir qui se dessine aux portes de l’Europe, elle fait comprendre à ceux qui l’entourent que ses jours sont dorénavant comptés. Et lorsque le 2 août 1942, la Gestapo tape à la porte du monastère de Echt en exigeant que la communauté des Carmélites livre Edith Stein, celle-ci ne manifeste aucune peur. A l’instant du départ, Edith murmurera à sa sœur, elle aussi arrêtée en ces lieux, une phrase témoignant de sa force et de sa foi : « Viens, nous partons vers notre peuple ».

 

Soeur Thérèse Bénédicte de la Croix à Auschwitz (M. Celeste, New york)

Dans le camp de transit de Westerbork où elles sont enfermées, les deux carmélites rejoignent des juifs convertis eux aussi, rassemblés avant leur déportation. L’explication est la suivante. Les évêques catholiques hollandais ayant protesté ouvertement contre les discriminations dont les juifs étaient victimes, la Gestapo lança par vengeance de multiples rafles allant jusqu’à poursuivre les religieuses dans leurs institutions respectives. C’était donc pour cette raison qu’Edith et Rosa se retrouvaient là.  Le séjour dans ce camp situé dans le nord-est du pays ne dure que 5 jours. Le 7 août 1942, un convoi transportant 987 juifs dont Edith et Rosa prend la direction du camp d’Auschwitz. Sœur Thérèse Bénédicte de la Croix s’y fait rapidement repérée, elle qui arbore simultanément soutane et étoile jaune. Et vraisemblablement le 9 août, entourée des membres de son peuple, elle s’évanouit dans les gaz mortels.

 

Le 1er mai 1987, le Pape Jean Paul II célébrait la béatification de Sœur Thérèse Bénédicte de la Croix à Cologne en priant le monde de « s’incliner profondément devant le témoignage de vie et de mort livré par Edith Stein, cette remarquable fille d’Israël qui fut en même temps fille du Carmel et Sœur Thérèse Bénédicte de la Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames de notre siècle ». Elle incarnait à son sens, « la synthèse d’une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s’engagent aujourd’hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités […]».
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Le camp de Westerbork était installé dans le nord-est des Pays Bas. Initialement, il fut activé par le gouvernement hollandais dés octobre 1939 afin d'y rassembler les juifs étrangers venus se réfugier dans le pays, pour la majorité en provenance d'Allemagne. Dés l'invasion par les forces allemandes, il fut agrandi, son commandement ayant été transmis aux forces d'occupation. Deux catégories de prisonniers s'y cotoyaient. Tout d'abord s'y trouvaient une population permanente, chargée des travaux d'entretien du camp, du maintien de la sécurité etc...Simultanément le camp abritait des détenus en transit, qui ne faisaient qu'un trés court séjour à Westerbork. Cette population étaient destinée à la déportation vers les camps d'Auschwitz (54930 personnes en 68 convoi), de Sobibor (34313 en 19 convois), de Bergen Belsen (3762 en 9 convois) et de Theresienstadt (4771 en 7 convois).  Pour les deux premiers camps, les déportés étaient exécutés dés leur arrivée. Ce tragique destin s'appliqua finalement aussi aux "permanents" juifs.

Le 12 avril 1945, le camp fut libéré par les troupes canadiennes. Il restait encore à l'intérieur de son enceinte 876 internés, les Allemands à l'approche des forces alliées ayant préféré s'enfuir.

Par Michel C. - Publié dans : Philatélie et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /Sep /2009 09:14

Juif polonais, Janusz Korczak (de son vrai nom Henryk Goldszmit) paya de sa vie son engagement total pour le respect des enfants et la protection de leurs droits, refusant d’abdiquer face à l’ignorance, aux inégalités et à l’injustice. A la fois médecin, journaliste, écrivain, éducateur et enseignant, s’il faisait figure de précurseur à son époque, il n’en demeure pas moins encore aujourd’hui une référence pour un projet pédagogique qui sut traverser le temps jusqu’à nous.

 

Henryk très jeune perçoit la violence des préjugés familiaux envers les enfants défavorisés qui jouent en bas de sa rue. Sa mère en particulier force systématiquement le trait en décrivant ces gamins livrés à eux même comme sales, bagarreurs, et porteurs de terribles maladies. A travers ses yeux d’enfant, Henryk ne voit pas la même réalité. Il ne voit que des enfants joueurs, turbulents certes mais imaginatifs, au discours peu conventionnel mais tellement drôle. Son enfance apporte d’ailleurs son lot de blessures et de frustrations. La Pologne placée sous le joug russe, il subit un enseignement primaire rugueux et étouffant, en particulier  du fait de l’interdiction totale de se référer à une quelconque identité polonaise. Sa langue maternelle est par exemple interdite. Henryk est exposé alors à des menaces permanentes, menaces qui quelquefois se transforment en punitions terrifiantes. Il perd ainsi sa confiance envers les adultes, constatant que jamais, non jamais, les adultes ne respectent les enfants. Agé de 14 ans, l’angoisse est portée à son comble lorsque sa seule confidente, sa grand-mère maternelle disparaît. Il se réfugie alors dans la lecture et l’écriture. Son premier journal intime jette ainsi les bases d’un futur roman, Confession d’un papillon (1913). C’est également à cette période qu’il prend conscience de sa double identité, juive et polonaise, définitivement douloureuse.

 

 

A 18 ans, alors que son père est interné dans une unité psychiatrique, Henryk postule à un emploi de précepteur, désireux d’apporter une aide matérielle à ses proches. Engagé par des familles aisées de Varsovie, il prend conscience de son intérêt voire de sa prédisposition pour un travail en contact avec des enfants. Doué pour l’écriture, il rédige sous forme de feuilleton, un texte directement issu de cette première expérience éducative sous le titre Le Nœud gordien. Un profond dilemme quant à ses orientations professionnelles se pose à lui face au succès littéraire rencontré. Mais s’il choisit de débuter ses études de médecine afin de « passer à l’acte » essentiellement en faveur des personnes démunies, il ne met nullement l’écriture de coté puisqu’en 1898, il soumet au jury d’un concours  de dramatiques sous son nouveau pseudonyme Janusz Korczak,  une pièce de théâtre intitulée Par où ?

 

Tout juste diplômé (mars 1905) et enrôlé par les troupes tsaristes, il découvre les horreurs de la guerre dans le conflit russo-japonais. Et il ne peut que constater le mal fait aux enfants, « blessés, tués ou rendus orphelins à cause de la guerre ». De retour à Varsovie début 1906, il reprend son poste à l’hôpital des enfants malades. Il écoute, il partage, il comprend les angoisses de chacun d’entre eux, un regard sur l’enfance qui dépasse totalement les compétences de son activité hospitalière. Pour le Docteur Goldszmit, le constat est brutal, et les interrogations vertigineuses : « Quand diable arrêterons-nous de prescrire de l’aspirine contre la pauvreté, l’exploitation, l’illégalité et le crime ? » assène-t-il à ses confrères.

 

La valeur de l’engagement de Janusz Korczak tient au fait qu’il ne s’est pas contenté d’être un brillant théoricien de l’éducation, démontrant une exceptionnelle persévérance pour mettre en pratique ses idées. En 1908, Isaac Eliasberg, un confrère, lui parle d’une sorte d’asile soutenu par une société d’aide aux orphelins en manque de fonds. Cet éminent dermatologue imagine que la notoriété de Korczak pourrait lui être d’un grand secours si celui-ci daignait s’intéresser à la triste institution, dont la direction avait été confiée à Stefania Wilczynska.  Ce sera pour l’écrivain le point de départ d’une longue route qui le mènera jusqu’à l’inauguration en 1912 à Varsovie, d’un établissement pilote, la Maison des Orphelins (« Dom Sierot »), destiné à accueillir des enfants juifs. Richement équipée grâce à l’aide reçue de la communauté juive, l’institution déclenchera une vive polémique, au grand regret de Korczak. Mais à cette époque, il était impensable d’élever ensemble des enfants de confessions différentes.

 

La Maison des Orphelins à Varsovie

Très tôt, Janusz Korczak prône l’idée d’une « pédagogie du respect », vision tellement moderne lorsqu’on se réfère aux problématiques d’intégration ou de prévention qui animent nos sociétés actuelles. Au cœur de ce programme, les enfants occupent une place de choix, acteurs et animateurs d’une démocratie participative où ils sont considérés comme des individus à part entière. Eloignés de toute idéologie, et impliqués dans les décisions qui les concernent, les enfants y découvrent leurs droits tout en acceptant les devoirs qui les sous tendent. « On ne fait rien pour les enfants, disait Korczak, on le fait avec eux ».

 
Le 1er septembre 1939, l’invasion de la Pologne débute. En une semaine, les forces allemandes assiègent Varsovie qu’ils mettent à genou sous un tapis de bombes. Janusz Korczak puise dans ces évènements une énergie inattendue. Au milieu des décombres, le voici bondissant d’un quartier à l’autre pour soulager les mourants, et ramasser les gosses déboussolés. En même temps, il réconforte la population dans ses émissions radiophoniques qu’il anime sous le pseudonyme  du Vieux Docteur. Mais la situation de l’orphelinat au fil des semaines et de l’occupation allemande  se dégrade. Janusz Korczak se lance alors dans une quête épuisante de fonds et d’aides de toutes sortes, jusqu’à jouer les clowns dans les rues de Varsovie, affublé d’un uniforme polonais peu réglementaire. Cette attitude était totalement contre nature pour lui. Mais comme il le dit à l’un de ses amis, « ce n’était pas le moment de faire le délicat ! »

Le 12 octobre 1940, les autorités allemandes décrètent le rassemblement de la population juive dans un secteur strictement destiné à cet effet. La date limite pour s’y installer est fixée au 30 novembre. La veille, la fermeture immédiate de l’institution « Dom Sierot » est décrétée  et tous ensemble, les habitants de l’orphelinat rejoignent le ghetto. A leur tête, Janusz Korczak qui fut arrêté à plusieurs reprises pour refus de porter l’étoile jaune, et qui avait fait le choix de loger dans l’orphelinat suit le mouvement, ainsi que la dévouée Stefania Wilczynska (Stefa) qui en assure la direction conjointement avec lui. Malgré les peurs quotidiennes, la promiscuité, et les difficultés d’approvisionnement, personne ne baisse les bras.  Pas même Korczak qui à moitié dépressif et victime d’une insuffisance cardiaque, lance toutes ses forces dans une bataille héroïque aux cotés des enfants. Ceux-ci portent à ses yeux le seul combat et le seul espoir qui vaillent. 

Le 22 juillet 1942 démarre la déportation vers « l’Est » des juifs du ghetto. Czerniakow, alors directeur du Judenrat, négocie avec les officiers SS afin  d’obtenir de ceux-ci que les enfants des orphelinats du ghetto soient épargnés. Le lendemain, alors que les SS  viennent lui apporter leur réponse négative pour ces orphelins jugés improductifs, il se suicide en ingérant une capsule de cyanure de potassium. Refusant de collaborer avec les nazis à la destruction de son propre peuple, Czerniakow veut par ce geste convaincre ses compatriotes que la déportation pour eux ne signifierait rien d’autre que la mort.



Au matin du 5 août 1942, peu après 7 heures, débute la rafle des quelques 192 enfants hébergés dans l’orphelinat. Fidèles à leurs engagements, ni Janusz Korczak, ni Stefania Wilczynska, ni même les éducateurs encore présents ne veulent abandonner les enfants. Ils choisissent de rester ensemble, jusqu’au bout. Ensemble ils plieront sous les coups, les insultes et les chiens des gardes ukrainiens sensés les conduire jusqu’aux wagons. Ensemble ils partageront la terreur ambiante de l’Umschlagplatz, un champ utilisé comme zone de transit avant l’embarquement. De ces terribles instants, reste le témoignage de Nahum Remba, un employé du Judenrat à la tête d’un poste de secours à l’intérieur de l’Umschlagplatz.

 

Prévenu de l’arrivée de Korczak, il tente de l’amener avec lui pour une ultime tentative auprès du Judenrat. Korczak refuse, terrorisé à l’idée d’abandonner les enfants, ne serait-ce qu’un instant. Au contraire, dans cet endroit chargé de peurs, envahi par les sanglots et le désespoir, Korczak leur parle avec son cœur, sans jamais lâcher leurs mains. Nahum Remba racontera l’étrange scène de l’embarquement de cette petite troupe. En lieu et place du désordre habituel, les enfants se  mettent naturellement en rang, une première section derrière Korczak, une seconde derrière Stefa. Quant ils sont dirigés vers les wagons à bestiaux, une rumeur saisit la foule présente. Les policiers juifs eux-mêmes font preuve d’une compassion peu commune dans de telles circonstances. Tous sont impressionnés par cet homme qui avance la tête haute, toisant l’ennemi et son idéologie assassine, dans une attitude caractéristique, « les yeux fixés droit devant lui comme s’il voyait quelque chose au loin ». Leur destination fut le camp d’extermination de Treblinka, situé à cent kilomètres environ au nord-est de Varsovie. Les chambres à gaz les engloutirent tous immédiatement. 
 
 Photo Berthold Werner (2008) - Janusz Korczak à Yad Vashem


Les dernières années de la vie de Janusz Korczak, passées dans le ghetto de Varsovie au milieu de ses orphelins, furent racontées dans le film « KORCZAK » d’Andrzej Wajda (1990).

 

Par Michel C. - Publié dans : Philatélie et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 13:39

 

Née à Rome le 9 novembre 1902, Mafalda, de son vrai nom Anna Maria Elisabetta Romana de Savoie, est la fille de Victor-Emmanuel III d’Italie et d’Hélène, princesse de Monténégro. Elle épouse le 23 septembre 1925 au château de Racconigi prés de Turin, Philippe de Hesse-Cassel, dont la compromission avec le régime national-socialiste ne fait aucun doute. Il n’est pas le seul d’ailleurs à l’intérieur des grandes dynasties de l’aristocratie allemande à jouer la carte hitlérienne. Le Führer saura puiser dans ce milieu, comme dans celui des affairistes, des soutiens fidèles et peu regardants.

 

Philippe de Hesse-Cassel rassemble à lui seul les « tares » de la soumission au pouvoir perdu. Plus enclin aux Beaux Arts qu’au fait militaire, celui-ci pourtant déambule dans les rues vêtu d’un uniforme kaki barré d’une croix gammée sans équivoque. Peut-on en attendre moins de celui qui gagne le respect de Hitler en lui ouvrant les arcannes du parti fasciste italien, et en organisant un marché d’objets précieux rendu possible par sa proximité avec la famille royale italienne. Mafalda, impliquée par son lien avec l’aristocrate allemand devenu le serviteur des nazis, garde tout de même ses distances avec Hitler et ses sbires. Au point que Hitler ne cache guère son agacement et ses griefs contre celle qu’il baptise vulgairement la « charogne de la maison royale italienne » !


Mais en juillet 1943, l’échiquier italien est balayé. Mussolini destitué, Victor-Emmanuel III noue de nouvelles   alliances politiques, alors que du point de vue militaire, les Alliés se servent de la Sicile comme marche pied avant d’envahir l’Italie. Le 8 septembre, c’est la capitulation.

  1995 – Série  des événements historiques de la seconde guerre mondiale : portrait de Mafalda de Savoie – Dentelé 14 x 13½ - Pays émetteur : Italie – Valeur faciale : 750 lires.

 

S’estimant trahi, Hitler lance immédiatement les représailles contre la famille de Mafalda. Si leurs enfants trouvent refuge au Vatican, Philippe de Hesse-Cassel, lui, est placé en résidence surveillée en Bavière. Le 23 septembre 1943, Mafalda tombe dans un piège en se rendant à l’ambassade d’Allemagne en Bulgarie, alors qu’elle assiste aux funérailles de son beau-frère, le roi Boris III. Ramenée à Berlin, victime de mauvais traitements et en particulier d’interrogatoires « musclés », elle est finalement transférée dans le camp de Buchenwald. Albert Speer commentera ainsi le destin du couple : « L’arrestation du prince et de sa femme venait rappeler à tous ceux qui comme eux étaient les proches de Hitler, qu’ils s’étaient irrémédiablement jetés dans ses griffes […] et que Hitler pouvait recourir à la même méthode vile et sournoise pour épier tous ceux de son entourage et leur réserver un sort identique, sans qu’ils aient la moindre possibilité de se justifier ».

 

Le 24 août 1944, les Alliés bombardent une usine de munitions implantée dans l’enceinte du camp. Mafalda se trouve à cet instant dans un bâtiment adjacent, et subit avec ses camarades l’attaque de plein fouet. On dénombrera plus de 400 morts sous les décombres parmi les déportés. Mafalda n’a pas été épargnée. Blessée mortellement au cou et au bras dont elle sera amputée, elle décède dans la nuit du 26 au 27 août des suites des hémorragies subies, sans avoir repris connaissance.

 

            La famille royale italienne n’eut connaissance de la mort de Mafalda qu’en 1945 avec les investigations des forces alliées. Philippe de Hesse-Cassel décédera quant à lui en 1981.

Par Michel C. - Publié dans : Philatélie et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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