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Sachso jacquette terre humaine
Trois cent témoins ont apporté leur contribution à cette oeuvre relatant l'histoire des Français dans le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, camp central dans le système concentrationnaire nazi, et désigné par les déportés eux mêmes par un diminutif: SACHSO. Projet élaboré en 1971 par l'Amicale des anciens déportés, fidèle aux valeurs de solidarité et de fraternité qui animaient ces derniers, cet ouvrage est d'une importance majeure pour une meilleure connaissance de la vie dans les camps.

"Sachso", travail collectif par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Collection Terre Humaine - Editions PLON
ISBN: 2-259-00894-1

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Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 00:00

« Cherchez au fond de vous-mêmes ce que vous croyez être le meilleur, et trouvez une raison pour que votre vie soit digne d’être vécue. Si vous le faites, votre vie aura un sens. Sinon, vous vous amuserez, vous aurez des distractions, comme le dit Pascal, mais vous n’aurez pas l’honneur de vivre ».

          Geneviève de Gaulle-Anthonioz (Saint Jean de Valériscle, 25 octobre 1920 - Paris, 14 février 2002)  Geneviève de Gaulle HP 600 avec timbre à date

 Quelle n’est pas la surprise du milicien chargé d’interroger cette jeune femme fraîchement arrêtée dans une librairie parisienne lorsqu’il l’entend non pas répéter obstinément l’identité notifiée sur sa carte d’identité mais affirmer à ses risques et périls qu’elle s’appelle de Gaulle. Cette attitude avait été mûrement réfléchie, bien que Geneviève de Gaulle ne puisse au départ apprécier si dans des circonstances aussi tragiques, un tel nom puisse constituer un avantage ou un inconvénient. En ce 20 juillet 1943, âgée de 22 ans, Geneviève de Gaulle décide ainsi de regarder son destin en face, pas déçue de faire résonner à nouveau aux oreilles des traîtres et de l’occupant, le nom de celui qui ouvertement avait appelé le peuple français à la poursuite du combat.

               En quelque sorte, il n’aurait pu en être autrement pour la nièce du Général de Gaulle, élevée dans une famille aux valeurs affirmées, atypiques quant on les confronte à l’air du temps, mais fermement clairvoyantes. N’est-ce pas d’ailleurs son père Xavier, aîné de Charles, qui dés 1933 lui fait découvrir l’idéologie développée par Adolf Hitler dans son livre Mein Kampf ? Cette conscience « familiale » si tôt cultivée la guide sur le chemin du refus de la défaite et de l’insoumission à l’ennemi qui croit pouvoir écraser dans l’œuf tout esprit de résistance. Il n’en est rien. Dés 1940 à Rennes, puis en 1941 à Paris alors qu’elle est étudiante à la Sorbonne, elle s’engage dans l’action. Rédaction et distribution de tracts, missions de renseignements, et structuration de réseaux en particulier au sein du groupe Défense de la France la propulsent en première ligne. Elle tombe dans les mains de la milice ce 20 juillet 1943, vraisemblablement victime d’une dénonciation.

               Après six mois d’incarcération dans la prison de Fresnes, Geneviève de Gaulle est transférée à Compiègne qu’elle quittera le 31 janvier 1944. A l’appel du départ, une clameur s’élèvera autour d’elle, symbolique de l’espoir dans la victoire future que pouvait représenter le nom qu’elle portait. Ce convoi dit des « 27 000 » du fait des numéros matricules attribués aux déportées à leur arrivée, transporte 959 femmes dont 898 sont françaises. Sa destination, le camp de concentration allemand de Ravensbrück.

            Après trois jours de voyage, c’est l’enfer sur terre pour toutes ces camarades. Humiliations, maladies, sévices, travaux assassins, l’humanité et la féminité niées en elles. Puisant dans une volonté inébranlable, elle résiste et tisse un réseau de solidarité salvateur dont l’amitié en constitue le ciment. A son arrivée, la haine des SS se cristallise sur son nom. Le danger est alors imminent.  Mais le matricule 27 372 tient bon. Même lors de la terrible expérience de l’enfermement dans ce que l’on nomme le bunker. Au vu de la tournure des évènements militaires, Himmler avait imaginé pouvoir négocier avec les Alliés. Dans cet objectif, Geneviève de Gaulle avait été enfermée en isolement total mais en vain. Elle sera libérée en avril 1945 et remise à la Croix Rouge à la frontière suisse, puis récupérée par son père en poste au Consulat de France à Genève. C’est là qu’elle fait la connaissance de Bernard Anthonioz, son futur époux (1946), résistant savoyard ami d'André Malraux.Ravensbruck, fours crématoires.                                                Camp de Ravensbruck, les fours crématoires.

L’empreinte laissée par cette expérience concentrationnaire guide les choix de Geneviève de Gaulle-Anthonioz dans son travail de mémoire et sa lutte contre la pauvreté, ceci dés son retour. Tout d’abord c’est vers ses camarades rescapées qu’elle se tourne, et pose avec Marie-Claude Vaillant-Couturier les fondations de l’Association des anciennes Déportées et Internées de la Résistance, dont elle devient la présidente en 1958. Cette même année, elle fait connaissance du Père Joseph Wresinski qui lui fait découvrir un monde ignoré, celui de l’extrême pauvreté. Ce combat deviendra celui de toute une vie, du bidonville de Noisy-le-Grand jusqu’à l’Assemblée Nationale où elle parvient en 1998 à faire adopter une loi contre les exclusions. Elle se dévouera corps et biens à l’association ATD-Quart Monde en tant que présidente de 1964 à 1998, puis en tant que simple « volontaire permanent ».

La rose De Gaulle-Anthonioz

  2002 - Illustration sur soie du feuillet commémoratif numéroté consacré à Geneviève de Gaulle extrait du catalogue CEF. Créé par Jean Paul Cousin, le dessin représente une rose derrière des fils barbelés. La rose est en effet la fleur symbole des déportées de Ravensbruck.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz fut la première femme à être élevée au grade de Grand-croix de la Légion d’honneur (1997)

Par Michel C. - Publié dans : Mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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