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André Cuyolla

Matricule 66210
Camp d'Oranienburg-Sachsenhausen
Kommando Heinkel 

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Art et Mémoire (1)

Fragments, une oeuvre de Stéphane Brunel  (voir Accueil du Blog)


Mémoire de l'Espagne Républicaine: collectif indépendant engagé dans la sauvegarde et la transmission de la mémoire de l'Espagne Républicaine (www.memrepublica.org)

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Sachso jacquette terre humaine
Trois cent témoins ont apporté leur contribution à cette oeuvre relatant l'histoire des Français dans le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, camp central dans le système concentrationnaire nazi, et désigné par les déportés eux mêmes par un diminutif: SACHSO. Projet élaboré en 1971 par l'Amicale des anciens déportés, fidèle aux valeurs de solidarité et de fraternité qui animaient ces derniers, cet ouvrage est d'une importance majeure pour une meilleure connaissance de la vie dans les camps.

"Sachso", travail collectif par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Collection Terre Humaine - Editions PLON
ISBN: 2-259-00894-1

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- " Femmes en résistance(s), d'ici et d'ailleurs " au Centre Régional Résistance et Liberté de Thouars (79)

femmes en resistance
Une exposition présentée jusqu'au 23 avril 2010.
Lien utile: http://www.crrl.com.fr/actualite/actua.htm

- Exposition "Tâches d'opinions" au Mémorial de Caen

Tâches d'opinions afficheOrganisée à partir de janvier 2010 avec l'association Cartooning for peace (Plantu).
lien utile: http://www.memorial-caen.fr/taches_opinions/

Ravensbruck


Les sentinelles de nos consciences

Philatélie des camps

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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 09:14

Juif polonais, Janusz Korczak (de son vrai nom Henryk Goldszmit) paya de sa vie son engagement total pour le respect des enfants et la protection de leurs droits, refusant d’abdiquer face à l’ignorance, aux inégalités et à l’injustice. A la fois médecin, journaliste, écrivain, éducateur et enseignant, s’il faisait figure de précurseur à son époque, il n’en demeure pas moins encore aujourd’hui une référence pour un projet pédagogique qui sut traverser le temps jusqu’à nous.

 

Henryk très jeune perçoit la violence des préjugés familiaux envers les enfants défavorisés qui jouent en bas de sa rue. Sa mère en particulier force systématiquement le trait en décrivant ces gamins livrés à eux même comme sales, bagarreurs, et porteurs de terribles maladies. A travers ses yeux d’enfant, Henryk ne voit pas la même réalité. Il ne voit que des enfants joueurs, turbulents certes mais imaginatifs, au discours peu conventionnel mais tellement drôle. Son enfance apporte d’ailleurs son lot de blessures et de frustrations. La Pologne placée sous le joug russe, il subit un enseignement primaire rugueux et étouffant, en particulier  du fait de l’interdiction totale de se référer à une quelconque identité polonaise. Sa langue maternelle est par exemple interdite. Henryk est exposé alors à des menaces permanentes, menaces qui quelquefois se transforment en punitions terrifiantes. Il perd ainsi sa confiance envers les adultes, constatant que jamais, non jamais, les adultes ne respectent les enfants. Agé de 14 ans, l’angoisse est portée à son comble lorsque sa seule confidente, sa grand-mère maternelle disparaît. Il se réfugie alors dans la lecture et l’écriture. Son premier journal intime jette ainsi les bases d’un futur roman, Confession d’un papillon (1913). C’est également à cette période qu’il prend conscience de sa double identité, juive et polonaise, définitivement douloureuse.

 

 

A 18 ans, alors que son père est interné dans une unité psychiatrique, Henryk postule à un emploi de précepteur, désireux d’apporter une aide matérielle à ses proches. Engagé par des familles aisées de Varsovie, il prend conscience de son intérêt voire de sa prédisposition pour un travail en contact avec des enfants. Doué pour l’écriture, il rédige sous forme de feuilleton, un texte directement issu de cette première expérience éducative sous le titre Le Nœud gordien. Un profond dilemme quant à ses orientations professionnelles se pose à lui face au succès littéraire rencontré. Mais s’il choisit de débuter ses études de médecine afin de « passer à l’acte » essentiellement en faveur des personnes démunies, il ne met nullement l’écriture de coté puisqu’en 1898, il soumet au jury d’un concours  de dramatiques sous son nouveau pseudonyme Janusz Korczak,  une pièce de théâtre intitulée Par où ?

 

Tout juste diplômé (mars 1905) et enrôlé par les troupes tsaristes, il découvre les horreurs de la guerre dans le conflit russo-japonais. Et il ne peut que constater le mal fait aux enfants, « blessés, tués ou rendus orphelins à cause de la guerre ». De retour à Varsovie début 1906, il reprend son poste à l’hôpital des enfants malades. Il écoute, il partage, il comprend les angoisses de chacun d’entre eux, un regard sur l’enfance qui dépasse totalement les compétences de son activité hospitalière. Pour le Docteur Goldszmit, le constat est brutal, et les interrogations vertigineuses : « Quand diable arrêterons-nous de prescrire de l’aspirine contre la pauvreté, l’exploitation, l’illégalité et le crime ? » assène-t-il à ses confrères.

 

La valeur de l’engagement de Janusz Korczak tient au fait qu’il ne s’est pas contenté d’être un brillant théoricien de l’éducation, démontrant une exceptionnelle persévérance pour mettre en pratique ses idées. En 1908, Isaac Eliasberg, un confrère, lui parle d’une sorte d’asile soutenu par une société d’aide aux orphelins en manque de fonds. Cet éminent dermatologue imagine que la notoriété de Korczak pourrait lui être d’un grand secours si celui-ci daignait s’intéresser à la triste institution, dont la direction avait été confiée à Stefania Wilczynska.  Ce sera pour l’écrivain le point de départ d’une longue route qui le mènera jusqu’à l’inauguration en 1912 à Varsovie, d’un établissement pilote, la Maison des Orphelins (« Dom Sierot »), destiné à accueillir des enfants juifs. Richement équipée grâce à l’aide reçue de la communauté juive, l’institution déclenchera une vive polémique, au grand regret de Korczak. Mais à cette époque, il était impensable d’élever ensemble des enfants de confessions différentes.

 

La Maison des Orphelins à Varsovie

Très tôt, Janusz Korczak prône l’idée d’une « pédagogie du respect », vision tellement moderne lorsqu’on se réfère aux problématiques d’intégration ou de prévention qui animent nos sociétés actuelles. Au cœur de ce programme, les enfants occupent une place de choix, acteurs et animateurs d’une démocratie participative où ils sont considérés comme des individus à part entière. Eloignés de toute idéologie, et impliqués dans les décisions qui les concernent, les enfants y découvrent leurs droits tout en acceptant les devoirs qui les sous tendent. « On ne fait rien pour les enfants, disait Korczak, on le fait avec eux ».

 
Le 1er septembre 1939, l’invasion de la Pologne débute. En une semaine, les forces allemandes assiègent Varsovie qu’ils mettent à genou sous un tapis de bombes. Janusz Korczak puise dans ces évènements une énergie inattendue. Au milieu des décombres, le voici bondissant d’un quartier à l’autre pour soulager les mourants, et ramasser les gosses déboussolés. En même temps, il réconforte la population dans ses émissions radiophoniques qu’il anime sous le pseudonyme  du Vieux Docteur. Mais la situation de l’orphelinat au fil des semaines et de l’occupation allemande  se dégrade. Janusz Korczak se lance alors dans une quête épuisante de fonds et d’aides de toutes sortes, jusqu’à jouer les clowns dans les rues de Varsovie, affublé d’un uniforme polonais peu réglementaire. Cette attitude était totalement contre nature pour lui. Mais comme il le dit à l’un de ses amis, « ce n’était pas le moment de faire le délicat ! »

Le 12 octobre 1940, les autorités allemandes décrètent le rassemblement de la population juive dans un secteur strictement destiné à cet effet. La date limite pour s’y installer est fixée au 30 novembre. La veille, la fermeture immédiate de l’institution « Dom Sierot » est décrétée  et tous ensemble, les habitants de l’orphelinat rejoignent le ghetto. A leur tête, Janusz Korczak qui fut arrêté à plusieurs reprises pour refus de porter l’étoile jaune, et qui avait fait le choix de loger dans l’orphelinat suit le mouvement, ainsi que la dévouée Stefania Wilczynska (Stefa) qui en assure la direction conjointement avec lui. Malgré les peurs quotidiennes, la promiscuité, et les difficultés d’approvisionnement, personne ne baisse les bras.  Pas même Korczak qui à moitié dépressif et victime d’une insuffisance cardiaque, lance toutes ses forces dans une bataille héroïque aux cotés des enfants. Ceux-ci portent à ses yeux le seul combat et le seul espoir qui vaillent. 

Le 22 juillet 1942 démarre la déportation vers « l’Est » des juifs du ghetto. Czerniakow, alors directeur du Judenrat, négocie avec les officiers SS afin  d’obtenir de ceux-ci que les enfants des orphelinats du ghetto soient épargnés. Le lendemain, alors que les SS  viennent lui apporter leur réponse négative pour ces orphelins jugés improductifs, il se suicide en ingérant une capsule de cyanure de potassium. Refusant de collaborer avec les nazis à la destruction de son propre peuple, Czerniakow veut par ce geste convaincre ses compatriotes que la déportation pour eux ne signifierait rien d’autre que la mort.



Au matin du 5 août 1942, peu après 7 heures, débute la rafle des quelques 192 enfants hébergés dans l’orphelinat. Fidèles à leurs engagements, ni Janusz Korczak, ni Stefania Wilczynska, ni même les éducateurs encore présents ne veulent abandonner les enfants. Ils choisissent de rester ensemble, jusqu’au bout. Ensemble ils plieront sous les coups, les insultes et les chiens des gardes ukrainiens sensés les conduire jusqu’aux wagons. Ensemble ils partageront la terreur ambiante de l’Umschlagplatz, un champ utilisé comme zone de transit avant l’embarquement. De ces terribles instants, reste le témoignage de Nahum Remba, un employé du Judenrat à la tête d’un poste de secours à l’intérieur de l’Umschlagplatz.

 

Prévenu de l’arrivée de Korczak, il tente de l’amener avec lui pour une ultime tentative auprès du Judenrat. Korczak refuse, terrorisé à l’idée d’abandonner les enfants, ne serait-ce qu’un instant. Au contraire, dans cet endroit chargé de peurs, envahi par les sanglots et le désespoir, Korczak leur parle avec son cœur, sans jamais lâcher leurs mains. Nahum Remba racontera l’étrange scène de l’embarquement de cette petite troupe. En lieu et place du désordre habituel, les enfants se  mettent naturellement en rang, une première section derrière Korczak, une seconde derrière Stefa. Quant ils sont dirigés vers les wagons à bestiaux, une rumeur saisit la foule présente. Les policiers juifs eux-mêmes font preuve d’une compassion peu commune dans de telles circonstances. Tous sont impressionnés par cet homme qui avance la tête haute, toisant l’ennemi et son idéologie assassine, dans une attitude caractéristique, « les yeux fixés droit devant lui comme s’il voyait quelque chose au loin ». Leur destination fut le camp d’extermination de Treblinka, situé à cent kilomètres environ au nord-est de Varsovie. Les chambres à gaz les engloutirent tous immédiatement. 
 
 Photo Berthold Werner (2008) - Janusz Korczak à Yad Vashem


Les dernières années de la vie de Janusz Korczak, passées dans le ghetto de Varsovie au milieu de ses orphelins, furent racontées dans le film « KORCZAK » d’Andrzej Wajda (1990).

 

Par Michel C. - Publié dans : Philatélie et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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