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Terre ! N'efface pas leurs visages
" Etre humain signifie pointer vers, se diriger vers quelque chose au delà de soi, ou bien une cause à servir, ou bien un être à
aimer " Viktor Frankl
Matricule 31769
Camp de Neuengamme

Trois cent témoins ont apporté leur contribution à cette oeuvre relatant l'histoire des Français dans le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, camp central dans le système
concentrationnaire nazi, et désigné par les déportés eux mêmes par un diminutif: SACHSO. Projet élaboré en 1971 par l'Amicale des anciens déportés, fidèle aux valeurs de
solidarité et de fraternité qui animaient ces derniers, cet ouvrage est d'une importance majeure pour une meilleure connaissance de la vie dans les camps.
"Sachso", travail collectif par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Collection Terre Humaine - Editions PLON
ISBN: 2-259-00894-1
C’est à 6 heures locales, le vendredi 18 décembre 2009, que tombe l’information stupéfiante du vol réussi de
l’inscription figurant à l’entrée du camp d’Auschwitz I, « Arbeit macht frei ». Les réactions
sont alors unanimes dans l’ensemble de la communauté internationale. Le geste est jugé inqualifiable, ressenti comme une attaque directe contre la mémoire des victimes des crimes odieux perpétrés
en ces lieux. Le nombre de déportés exterminés dans le complexe d’Auschwitz-Birkenau est estimé à 1,1 million, dont 1 million pour les seules
victimes juives. La police polonaise face à l’indignation générale lance alors les grands moyens, et va jusqu’à proposer une récompense financière pour chaque information susceptible de faire
avancer l’enquête. C’est dans la nuit du 20 au 21 décembre qu’elle procède à l’arrestation de 5 individus, et remet la main sur l’inscription en langue allemande sans fournir la moindre
explication, ni sur le motif du vol, ni sur les sources ayant permis de remonter aux voleurs.
Le romancier et philologue Lorenz Diefenbach (1806 – 1883) est à l’origine de ce slogan cynique. Arbeit macht frei (le travail rend libre) évoque en effet le roman populaire que celui-ci publia sous ce titre en 1873 à Brême (Allemagne), roman attribuant au travail une valeur de rédemption susceptible de ramener le plus vil (le héros du roman) sur un chemin vertueux et salvateur. Dans l’argumentaire de la mouvance nationaliste allemande dans laquelle Lorenz Diefenbach évoluait, cette expression trouve sa place spontanément, en particulier dans le contexte économique et social miné par le chômage. Celui-ci touchera six millions d’Allemands en 1932, faisant le lit du nouveau National Socialisme, qui lui aussi, dans ses campagnes d’embrigadement de la population, utilisera ce slogan cynique jusqu’à l’accession « légale » au pouvoir d’Adolf Hitler en 1933.
Porte d'entrée du camp d'Oranienburg-Sachsenhausen
La présence de l’inscription Arbeit macht frei au fronton des entrées de plusieurs camps nazis tels que
Dachau, Theresienstadt ou Sachsenhausen relèverait de l’initiative du SS-Obergruppenführer Theodor Eicke (1892 – 1943), nommé par Himmler en juin 1933 commandant du camp de concentration de
Dachau, puis en juillet 1934, inspecteur des camps, en reconnaissance de son zèle et de son « efficacité ». Antisémite et antibolchévique sans état d’âme, Theodor Eicke prétendait ainsi
mettre en exergue la vertu « éducatrice » du travail dans un camp de concentration ! Les déportés d’Auschwitz transformèrent ironiquement ce slogan par un autre, plus lucide et
vraisemblablement plus apte à mettre de la distance entre eux et l’avenir qui leur était promis : « Le travail rend libre… par la cheminée ! ».
L'élément en fer forgé reprenant le slogan Arbeit macht frei à l’entrée du camp d’Auschwitz I mesure 5 mètres de long et pèse environ
40 kilos. Elle fut réalisée par un détenu polonais, forgeron de métier, Jan Liwacz en juillet 1940 à la demande du commandement du camp. Une anomalie typographique apparaît sur le mot Arbeit, la lettre “B“ étant soudée à l’envers. Les survivants du camp ont toujours affirmé qu’il fallait voir dans cette anomalie, un symbole d’insoumission
à l'idéologie nazie et de résistance de son auteur, et donc de la communauté toute entière des
déportés.
Timbre rappelant la porte d'entrée du camp de Thérésienstadt (Terezin - Tchécoslovaquie)
AFP DERNIERE MINUTE: Communiqué de l'Agence France Presse daté du 11.02.2010 | 15:34
L’ex-dirigeant néonazi suédois Anders Högström, mis en examen en Pologne dans l’affaire du vol de l’inscription "Arbeit macht frei" de l’ancien camp nazi d’Auschwitz, a été arrêté jeudi à
Stockholm, a-t-on appris auprès du procureur chargé du dossier en Suède. L’arrestation du suspect, âgé de 34 ans, qui fait suite à l’émission d’un mandat d’arrêt européen par la justice
suédoise, a "eu lieu l’après-midi à Stockholm, à son domicile", a déclaré à l’AFP le procureur, Mme Agnetha Hilding Qvarnström.
"Il est actuellement détenu au commissariat de police et il a demandé un avocat, ce dont nous sommes en train de nous occuper", a-t-elle ajouté.
Il appartient désormais au tribunal de Stockholm de décider ou non d’extrader le suspect vers la Pologne, a-t-elle expliqué. La justice polonaise avait annoncé le 2 février avoir émis un
mandat d’arrêt européen contre le Suédois, qui avait reconnu dans la presse suédoise être impliqué dans le vol, mais avait affirmé avoir aidé la police polonaise.