Partager l'article ! Il y a 68 ans...LIDICE.: Situé au coeur d'une Tchécoslovaquie occupée par les forces armées allemandes, Lidice voit son destin scellé ...
Terre ! N'efface pas leurs visages
" Etre humain signifie pointer vers, se diriger vers quelque chose au delà de soi, ou bien une cause à servir, ou bien un être à
aimer " Viktor Frankl
Matricule 31769
Camp de Neuengamme

Trois cent témoins ont apporté leur contribution à cette oeuvre relatant l'histoire des Français dans le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, camp central dans le système
concentrationnaire nazi, et désigné par les déportés eux mêmes par un diminutif: SACHSO. Projet élaboré en 1971 par l'Amicale des anciens déportés, fidèle aux valeurs de
solidarité et de fraternité qui animaient ces derniers, cet ouvrage est d'une importance majeure pour une meilleure connaissance de la vie dans les camps.
"Sachso", travail collectif par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Collection Terre Humaine - Editions PLON
ISBN: 2-259-00894-1
Situé au coeur d'une Tchécoslovaquie occupée par les forces armées allemandes, Lidice voit son destin scellé par le sort de l'un des plus fanatiques dignitaires du régime nazi, le
SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich.
En septembre 1941, celui-ci est nommé par Hitler à la tête du Protectorat de Bohême-Moravie, poste qu'il occupe à Prague tout en conservant ses fonctions à la tête des services de renseignements du Parti nazi. Adepte d'une politique de terreur sans faille vis-à-vis de la population tchécoslovaque, il expédie la population juive dans le camp de Théresienstadt, et soumet à sa botte une classe politique avilie. Le destin fatal qui changera le cours de l'histoire du village de Lidice prend forme le 27 mai 1942 alors que Heydrich, le chasseur méthodique des juifs, l'instigateur de la solution finale devenu le fourbisseur des fours crématoires nazis, est au sommet de sa carrière. Ce destin a le visage de trois parachutistes tchécoslovaques qui en milieu de matinée ce jour-là attaque la voiture dans laquelle circule Heydrich, seul avec son chauffeur. L'explosion de la grenade lancée contre le véhicule atteint Heydrich dans le dos, grave blessure à l'origine d'une infection généralisée mortelle en quelques jours.
Lorsqu'il est informé de l'attentat, Hitler est hors de lui. Il choisit un détachement de la Division SS "Prince Eugène" pour une mission de représailles sanglantes.L'objectif désigné est Lidice, bourg minier situé à une vingtaine de kilomètres de Prague, accusé sans la moindre preuve tangible d'avoir participé à l'organisation logistique de l'attentat réussi. Ceci est d'autant plus infondé que la Résistance tchécoslovaque a résolument écarté l'hypothèse d'une action contre le dignitaire nazi justement par crainte de terribles répressions contre la population civile. Mais l'ordre tombe. Lidice doit être rayé de la carte. Le 10 juin 1942, les troupes s'emparent du village.
Dés leur arrivée sur les lieux, le massacre des
hommes démarre. Au total, les SS en fusillent 192. Simultanément, toutes les femmes et tous les enfants sont rassemblés puis triés. Parmi les 105 enfants présents, 17 vont être sélectionnés et
vont prendre la direction de l'Allemagne pour être "rééduqués". Pourquoi ? Parce qu'ils présentent un physique de type aryen ! Quant aux autres, c'est la mort qui les attend. Ils périront sans
exception dans le camp d'extermination de Chelmno, à bord des camions transformés en chambres à gaz mobiles. Parmi eux, certains n'ont pas encore deux ans. C'est un
autre camp, allemand celui-là, qui attend les femmes du village. Sur les 196 qui prennent la direction de Ravensbrück, 49 ne survivront pas. Mais les représailles ne
s'arrêtent pas là. Dans les semaines qui suivent les exactions et les pillages, le village est livré aux engins de terrassement. Tous les batiments, y compris l'église, sont détruits. Les gravats
sont enfouis ou évacués. On déterre les morts du cimetière, on détourne un cours d'eau, on efface des cartes les routes d'accés. Lidice n'existe plus. Lidice n'a jamais existé !
Comme sa
commune-soeur française Oradour-sur-Glane qui connaitra deux années plus tard un sort identique, le nom de Lidice reste associé tel un symbole à la mémoire d'un massacre injustifiable auprès de
la communauté humaine. Un symbole d'autant plus présent qu'il n'en reste pas la moindre trace. En souvenir de ce drame, plusieurs villes nouvelles à travers le monde prirent le nom de Lidice,
comme l'une d'entre elles au Brésil ou bien à proximité de Chicago dans l'Illinois.