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Sachso jacquette terre humaine
Trois cent témoins ont apporté leur contribution à cette oeuvre relatant l'histoire des Français dans le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, camp central dans le système concentrationnaire nazi, et désigné par les déportés eux mêmes par un diminutif: SACHSO. Projet élaboré en 1971 par l'Amicale des anciens déportés, fidèle aux valeurs de solidarité et de fraternité qui animaient ces derniers, cet ouvrage est d'une importance majeure pour une meilleure connaissance de la vie dans les camps.

"Sachso", travail collectif par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Collection Terre Humaine - Editions PLON
ISBN: 2-259-00894-1

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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 14:29

 

MMD-au-pied-de-Notre-Dame---ph351-056---Phovoir-images.jpgEtrave immobile d’un navire sans port, le Mémorial des Martyrs de la Déportation à Paris demeure invisible à l’œil du piéton vagabond. Et malgré tous les efforts du monde, qu’il l’observe de la rive d’en face, ou qu’il la scrute à chaque enjambement de la Seine, rien d’autre sur l’Ile de la Cité ne semble battre que le chœur de Notre-Dame. Pourtant, s’il persévère et s’il s’obstine, il découvrira par lui-même le secret. L’Ile de la Cité a non seulement un cœur, mais aussi… de la mémoire !

Quittant en direction de l’Est le parvis de la mythique cathédrale, le visiteur profite sur son chemin d’une ultime halte verdoyante,  dernière station pour saluer au loin la ville qui grouille, et respire. Soumis à la platitude du promontoire îlien, il ne s’imagine pas traverser un pont. Parce qu’en effet, le square de l’Ile de France fait office de pont ! Un pont entre agitation et recueillement. Entre insouciance et conscience.

Timbre-crypte-des-d-port-s-pour-blog.jpg

Pour le visiteur, le choc est à la hauteur du contraste. Faisant table rase de la verdure, une minéralité horizontale projette jusqu’à la verticale de l’eau un bunker plan et déprimé. S’il s’était agi d’un tombeau, que le repos devait y être aisé à trouver dans les entrailles figées d’un tel mausolée ! Mais voici que surgissent deux escaliers enserrés entre leurs falaises de béton, qui sans ménagement ni préliminaire, débarquent le visiteur tenace sur un triangle pavé et silencieux. En récompense, une lame de ciel bleu azur au dessus de la tête !

Dorénavant, plus personne ne peut s’enfuir, ni même espérer. Les murs sont trop hauts, le soupirail trop bas, interdit par une herse aigue et menaçante. Même le bleu du ciel ne parvient plus à trouver son double sur le miroir de la Seine fuyante. Le visiteur devenu lui même prisonnier étouffe, écrasé, oppressé par l’absence d’horizon. Il n’y a aucun avenir possible ici.

Alors perdu pour perdu, il ne lui reste plus qu’à plonger dans la crypte et se confier à la nuit. Il ne peut plus avoir peur, car il est la peur. La peur de ne plus exister pour personne. La peur du néant. La peur de l’oubli. Dans la pénombre de la crypte, il cherche à présent son souffle, son refuge. Là personne pour hurler dans son dos. Pas de chiens assassins. Pas de schlague.

Et soudain, comme par miracle, à la lumière renaissante sur la rétine assagie, il se découvre autre, seul au milieu de la multitude, ou multiple au milieu de la solitude. L’obscurité n’était donc qu’un leurre, une carapace contre l’oubli, l’assurance de la sauvegarde des preuves. Qui viendra jusque là en aura la certitude. Ces murailles, ces pierres, ces lames, ces marches, ces cendres, ce silence, rien de tout cela n’est vide de sens. Tout attise une flamme qui jamais ne s’éteindra, la flamme d’une mémoire universelle, la seule qui permette au visiteur de retourner enfin et en paix, à la lumière de la ville et de la vie.

Inauguration-crypte-des-d-port-s-par-De-Gaulle.jpg

En 1953, le Réseau du Souvenir se voit confier par les associations et les fédérations nationales de déportés l’édification dans la capitale d’un monument commémorant le souvenir des français déportés dans les camps nazis entre 1941 et 1944, quel que soit le motif de leur déportation.  Le projet qui emporta la décision finale fut celui de Georges-Henri Pingusson (1894-1978), une figure du mouvement architectural moderne au même titre que Le Corbusier.

Le Mémorial des Martyrs de la Déportation est situé dans le 4e arrondissement de Paris, à la pointe Est de l’Ile de la Cité. Il fut inauguré par le Général de Gaulle le 12 avril 1962, et classé monument historique dans sa totalité par arrêté le 23 novembre 2007.

Lieu de recueillement tout autant qu’instrument pédagogique, il offre à la mémoire collective et individuelle un outil intemporel pour comprendre le passé, et préparer l’avenir. Symboliquement, deux cent mille bâtonnets de verre rappellent aux visiteurs le nombre de victimes. Le Mémorial abrite également les cendres d’un déporté inconnu provenant du camp du Struthof, seul camp de concentration situé sur le territoire français. 

Partageant avec eux, prés de 40 années plus tôt, le choix du parcours initiatique comme support du travail de mémoire, le Mémorial des Martyrs de la Déportation préfigurait alors le Mémorial de l’Holocauste de Peter Eisenman (Berlin, 2005) et le Mémorial à l’abolition de l’esclavage de Krzysztof Wodiczko (Nantes, 2011).

Carte maximum struthof HP 1200C’est également dans les années 1950 que la Commission nationale des Déportés, Internés et Résistants engage officiellement les premières réflexions sur un projet de mémorial sur le site du seul camp de concentration établi en territoire français, le KL – Natzweiler construit au lieu dit « Struthof ».  Chronologiquement, le site du camp est classé monument historique en 1950, celui de la chambre à gaz un an plus tard. En 1953 puis 1954 plusieurs commissions se structurent pour développer le projet. Bertrand Monnet, alors architecte en chef des monuments historiques prend à son compte celui du monument proprement dit. C’est Lucien Fenaux qui conçoit le monument symbolisant une flamme immense montant vers le ciel et enveloppant le corps décharné d’un déporté. Le Général de gaulle inaugure ce Mémorial aux martyrs et héros de la Déportation le 23 juillet 1960.

En 2005, Jacques Chirac, président de la république, inaugurera à proximité du site historique, le Centre Européen du Résistant Déporté (CERP), aboutissement d’un long parcours mémoriel entamé dés 1945 par les survivants eux-mêmes, à la hauteur des souffrances endurées et du message d’information et de vigilance voulu par ces derniers. Le camp du Struthof ouvrit ses portes le 1er mai 1941. Si le camp principal se situait en France, il fut en réalité au cœur d’un réseau de prés de 70 annexes fixées de par et d’autre du Rhin. Le nombre de déportés au KL – Natzweiler est estimé à 52 000, le nombre de victimes à 22 000.

  Luxembourg croix de Hinzert HP 1200

D’autres mémoriaux à travers le monde ont alimenté la création philatélique. En Europe par exemple, a été érigé à Luxembourg un Monument en mémoire des héros de la Résistance et des victimes de la Déportation. Ce mémorial à l’origine (1946) se résume à l’édification d’une croix dite de Hinzert, fabriquée à partir de matériaux provenant du camp de concentration luxembourgeois du même nom et proche de Trèves (1938 à 45) , d’où furent exhumés les corps de 78 résistants luxembourgeois. En 1969, un premier aménagement complémentaire lui confère le titre de Monument de la Déportation, pour finalement devenir le Monument National de la Résistance et de la Déportation avec l’adjonction du Prisonnier politique, bronze de Lucien Wercollier (1908-2002), lui-même résistant luxembourgeois incarcéré à Hinzert.

Uruguay mémorial de l'holocauste HP 1200

Loin du continent européen, le Président uruguayen Louis Alberto Lacalle fit encadrer par la loi l’installation d’un Mémorial de l’Holocauste à Montevideo. Le peuple juif y est symbolisé par un mur de 120 mètres de longueur qui malgré la brèche et le chaos de l’Holocauste poursuit son chemin  vers la lumière et l’espoir.

Par Michel C. - Publié dans : Philatélie et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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