Une étoile filante dans l’azur de l’Afrique
S’il est une injustice à jamais collée à la conscience des hommes, c’est bien celle qui frappa Dan Eldon, un passionné d’Afrique, fidèle à sa terre d’adoption, et surtout témoin
invétéré du sort des êtres qui y souffrent. A 22 ans, parmi les plus jeunes journalistes accrédités par l’agence de presse Reuters, il périra dans un des épisodes les plus sanglants qui
ébranlèrent Mogadiscio en juillet 1993.
Un destin africain
La trajectoire africaine du gamin démarre en 1977, à l’âge de 7 ans, alors qu’il rejoint le Kenya pour y retrouver son père, en poste pour une société privée de Nairobi. Les
attachements à cette terre sont déjà fortement ancrés lorsqu’à 14 ans, il passe avec succès un casting de figurant pour le tournage du film “Out of Africa”. A 18 ans, c’est un magazine
new-yorkais qui lui tend les bras. Un sujet favori de reportage: les homeless et les enfants des rues. Mais si la poursuite de sa formation l’amène à passer de Berlin à la Californie, c’est sur
l’Afrique qu’il garde un oeil, et qu’il rejoindra avec enthousiasme pour s’engager auprès des populations indigènes (Mozambique). Les voyages nourrissent alors son travail photographique, et en
1992 répondant aux appels de détresse d’une population somalienne affamée, il témoigne de l’ampleur de cette catastrophe humanitaire. Ses images font le tour du Monde, autant de fenêtres sur
l’horreur que nul ne pourrait plus ignorer dorénavant, lui offrant une notoriété considérable, à tel point que l’agence Reuters l’embauche comme correspondant.
Le drame du 12 juillet 1993
Ce jour là, les forces américaines lancent une opération héliportée sur la capitale somalienne Mogadiscio, avec l’objectif affirmé d’éliminer le Général Aidid, chef de guerre local.
L’attaque est dévastatrice et meurtrière, et on dénombrera 73 victimes civiles. Une centaine de somaliens furieux cernent les ruines fumantes lorsque les journalistes avertis arrivent sur les
lieux. Dan Eldon est de ceux-là. Mais les évènements tournent mal et la foule inmaîtrisable se jette sur les reporters occidentaux. Quatre journalistes périront sous les coups, dont Dan Eldon,
lapidé jusqu’à la mort par une foule vengeresse. Un drame injuste pour ce jeune homme de 22 ans qu’une femme massai avait surnommé affectueusement “celui qui rit”, et que la passion de cette
terre africaine amènera à la mort. La semaine aprés son assassinat, les cendres de Dan Eldon furent dispersées au coeur du Pays massai.
Photographe et artiste, Dan Eldon a laissé des cahiers d’un graphisme riche, à la fois personnel et universel. Ses créations sont à l’origine de la création d’une fondation dont vous pouvez
retrouver les réalisations sur le site internet suivant: http://www.daneldon.org/


