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Edouard TARIF

Edouard Tarif - portrait

Matricule 31769
Camp de Neuengamme 

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Sachso jacquette terre humaine
Trois cent témoins ont apporté leur contribution à cette oeuvre relatant l'histoire des Français dans le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, camp central dans le système concentrationnaire nazi, et désigné par les déportés eux mêmes par un diminutif: SACHSO. Projet élaboré en 1971 par l'Amicale des anciens déportés, fidèle aux valeurs de solidarité et de fraternité qui animaient ces derniers, cet ouvrage est d'une importance majeure pour une meilleure connaissance de la vie dans les camps.

"Sachso", travail collectif par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Collection Terre Humaine - Editions PLON
ISBN: 2-259-00894-1

Buchenwald

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Art et mémoire

Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 20:10

Couverture livre Notre combat" Quelle ne fut pas ma stupeur lorsque ma fille me posa dans les mains le livre d'Adolf Hitler, Mein Kampf, trouvé dans une cave. Comment était-il arrivé là et pourquoi ? Mon corps se mit à trembler, à brûler. Comme si ma vie soudain basculait. ces écrits avaient engendré de tels massacres ! Un sentiment de rage m'envahit. Pourquoi tous ces morts ? Simplement parce qu'ils étaient différents ? Aujourd'hui encore, des peuples dans le monde subissent la même injustice ! De quel droit la volonté d'un seul peut-elle suffire à mettre en oeuvre sa cruauté et faire exécuter tant d'innocents ?

Mon sommeil en fut perturbé pendant plusieurs semaines, je ne parvenais plus à trouver le repos, hantée par toutes ces interrogations. Il fallait un apaisement à mon désarroi. comment transformer le livre, le détourner de son horreur ? Il m'était impossible de le lire, de le donner, de le détruire. Comment faire ? comment le faire taire ? Mon esprit torturé cherchait, ne cessait de questionner.

Un soir je vis des extraits du film de Claude Lanzmann, Shoah. Le récit des rescapés me bouleversa, et dans la nuit, réveillée en sursaut, des phrases surgirent comme par magie. Je saisis le livre, le regardai, le scrutai. Une idée me traversa l'esprit: et si je détachais l'une de ces pages pour y exprimer ma colère, répondre, résister ? Je saisis alors un gros marqueur rouge et décidai de m'en prendre à l'ouvrage. Je dessinai rapidement la tête d'une femme hurlant - elle s'appellerait Aile. La signature qui porterait sur ces pages la marque de mon geste était trouvée.

J'en ai éprouvé un tel plaisir que j'ai continué sur une trentaine de pages. Je les recouvrais de mots, de mes dessins, de mes peintures, les découpais... j'exultais. Je voulais en finir avec le livre et le maculer jusqu'à sa dernière page. C'est alors que j'ai pensé aux autres. Pourquoi ne pas partager ce que j'étais en train de vivre..."

Linda ELLIA.

....c'est alors que Notre combat est né.

Notre combat - oeuvre de VMG      Notre combat - oeuvre de Stel 

Ci dessus: oeuvre de VMG et celle de STEL.

Notre combat de Linda ELLIA (Préface de Simone Veil) - Editions du Seuil (2007) - ISBN: 978-2-02-096218-6

 

 

Par Michel C. - Publié dans : Art et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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Mardi 23 mars 2010 2 23 /03 /Mars /2010 20:46

A Jean Ferrat, et à l'idée de l'Homme qu'il défendait.

Curieusement, la chanson " Nuit et brouillard" de Jean Ferrat trace sa route vers le succés au milieu des années yéyé. 1ère édition NN en 1963Chantée pour la première fois en 1963 par son auteur compositeur, elle ne reçoit guère d'écho favorable auprès des producteurs d'émissions de télévision. Et c'est contre l'avis du directeur de l'ORTF de l'époque que Denise Glaser (1920-1983) dans son émission DISCORAMA offre à Jean Ferrat  l'occasion de la présenter au public. Le succés est immédiat, et le public suit l'artiste. La maison Barclay imprime le vinyl.

C"est tout d'abord l'histoire familiale qui amène Jean Ferrat sur le terrain de la Déportation. Il est le fils d'un émigré russe, installé en France en 1905. Son père, Mnacha Tenenbaum; est juif non pratiquant et exerce la profession d'artisan joaillier. Alors que la famille est installée à Versailles depuis 1935, Mnacha est victime des mesures de répression raciale édictées en France. Arrêté par la Gestapo, puis interné dans le camp de transit de Drancy, il est déporté vers Auschwitz par le convoi du 30 septembre 1942. Il ne survivra pas. Le traumatisme de cette disparition est terrible pour Jean. Il évoquera d'ailleurs cette blessure dans sa chanson " Nul ne guérit de son enfance " dans laquelle il écrit: "Celui qui vient à disparaître / Pourquoi l'a-t-on quitté des yeux / On fait signe à la fenêtre / Sans savoir que c'est un adieu / Chacun de nous a son histoire / Et dans notre coeur à l'affût / Le va-et-vient de la mémoire / Ouvre et déchire ce qu'il fut."

Le titre " Nuit et brouillard " fait référence d'une part au documentaire d'Alain Resnais (1955) consacré au drame de la Déportation. Ce film conçu "comme un dispositif d'alerte" (Jean Cayrol - Lettres françaises - 1956)  sera la cible d'une censure acharnée à lui barrer la route du festival de Cannes. Il y sera présenté mais placé hors compétiton pour ne pas courir le risque qu'il reçoive un prix !  Nuit et brouillard fait enfin référence à la directive " Nacht und Nebel " voulue par Hitler en 1941 afin de fixer le traitement particulier réservé aux ennemis du Reich, à savoir la mort ou la déportation.

Appréciez dans l'interprétation ci-dessous, la vérité des mots et la profondeur du regard de Jean Ferrat, porté par le souvenir d'un père volé à son enfance, et par la volonté de garder dans la lumière, le souvenir de Jean-Pierre, Natacha et Samuel.
Pour cette oeuvre, Jean ferrat reçut le grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros en 1963. 



Une étrange torpeur gagne nos esprits lorsque le 13 mars la triste nouvelle tombe. Jean Ferrat s'est éteint. Une étrange torpeur comme si déjà quelque part la montagne, la liberté et la femme, tant aimées, tant chantées, portaient en elles en cette journée de mars, le deuil d'un amant ou d'un ami exemplaire. Il s'agissait bien de cela. Un guide venait de s'en aller, abandonnant nos pas sur une route truffée de précipices. Cela aurait été trop facile d'ailleurs. Oui trop facile de compter sur lui encore et encore pour dire tout haut nos intimes coincidences, lui le poing serré, et nous planqués derrière nos (in)consciences ! Cela aurait été trop simple de l'entendre encore plaider contre l'injustice et le silence, lui au front de sa fidélité, nous coupables et versatiles. Le constat était bien celui-ci. Tant qu'il était là, nous savions qu'à n'importe quel moment sa voix fendrait nos coupables soumissions. Mais maintenant, nous serions désormais seuls pour lutter le verbe haut, et porter ses idées nobles, contre l'oubli et le mensonge. Nous ne ferons pas l'éloge ici de l'immense poète. Nous ne dirons simplement que notre admiration pour " l'homme " immense qu'il restera, et pour le sillon difficile qu'il a tracé obstinément dans notre mémoire collective. Qui, effectivement, parmi ceux qui s'investissent dans le devoir de mémoire, ignore la chanson "Nuit et brouillard" ? Comment ne pas aimer un homme qui une guitare à la main empêche le sang de sécher dans les camps de nos pères ? Et comment ne pas aimer enfin celui qui "twisterait les mots s'il fallait les twister", pour que nous sachions finalement qui nous sommes vraiment ?
A la question souvent posée de la pérennisation, à l'avenir, de la mémoire de la déportation, Jean Ferrat a répondu par une oeuvre devenue incontournable. L'art est une réponse. L'art en a la force. Il nous l'a prouvé.

Par Michel C. - Publié dans : Art et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 16:43

 

En 1941, le pédagogue polonais Janusz Korczak, alors enfermé dans le ghetto de Varsovie se rend à l'école hébraique de Michael Zylberberg. Il y assiste à la répétition par les enfants de l'école d'une pièce de théatre intitulée Les Lucioles. Cette pièce raconte l'histoire tragique de Juifs résistant à l'occupant romain dans une forteresse du nom de Masada. Refusant de se soumettre, ils se suicideront. La pièce s'achèvent par ce poème qui toucha particulièrement Janusz Korczak, en charge de près de 150 orphelins dans les conditions terribles du ghetto qu'il rejoignit avec eux le 29 novembre 1940:

     La chaine n'a pas été rompue,
     La chaine continue,
     Des parents aux enfants,
     Du père au fils.
     Voici comment dansaient nos parents,
     Une main posée sur le dos de celui qui est devant,
     Et dans l'autre une Torah,
     Portant la lumière là où tout est sombre.
     Ainsi, nous aussi, nous continuerons à danser,
     Avec nos esprits bien éveillés.
     Nous continuerons à danser, danser,
     Et la chaîne ne sera jamais rompue.


Illustration: La Chaine de la descendance. Francine Mayran-Herzog, peintre et psychiatre expose au centre socio-culturel franco-allemand de Karlsruhe du 7 septembre au 9 octobre 2009. Titre de l'exposition: La Shoah et son ombre.

Par Michel C. - Publié dans : Art et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 12:51

C'est à l'âge de 13 ans que Thomas Geve plonge dans l'enfer concentrationnaire nazi. Issu d'une famille juive berlinoise coupée en deux aprés le départ du père vers l'Angleterre, Thomas échappe à son arrivée à Auschwitz (juin 1943) à la sélection pour la chambre à gaz, et rejoint un groupe de jeunes déportés utilisés sur des chantier de maçonnerie. Il parviendra à survivre malgré ces travaux de forçat.

En janvier 1945, à l'approche des troupes russes, il connaît à 15 ans les marches de la mort et leur cortège de souffrances, puis le camp de Gross-Rosen, et enfin Buchenwald. Libéré en avril, Thomas Geve reste quelques semaines supplémentaires dans le camp, victime d'un état de santé extrémement préoccupant. Et c'est dans cette période qu'il réalise avec des moyens dérisoires, un ensemble de 79 dessins, véritable "reportage-témoignage" sur la vie d'un enfant dans les camps.

                                 L'épreuve de la sélection. Thomas est séparé de sa mère. Il ne la reverra plus.

                             L'épouvantable faim.

Cette oeuvre fait l'objet de nombreuses présentations et expositions à travers le monde, les originaux des dessins ayant été légués par l'auteur au centre Yad Vashem en Israel. Elle est actuellement présentée en exposition temporaire à la Maison d'Izieu (01) jusqu'au 3 mai ( voir rubrique Agenda ci-contre).

                           Le 11 avril 1945: la liberté retrouvée.

Vous pouvez retrouver l'ensemble de ces dessins sur le catalogue de l'exposition:
"Il n'y a pas d'enfants ici - Dessins d'un enfant survivant des camps de concentration" de Thomas Geve.
Chez Jean-Claude Gawsewitch Editeur (2009)
Par Michel C. - Publié dans : Art et mémoire - Communauté : Passeurs de mémoire
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