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Sachso jacquette terre humaine
Trois cent témoins ont apporté leur contribution à cette oeuvre relatant l'histoire des Français dans le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, camp central dans le système concentrationnaire nazi, et désigné par les déportés eux mêmes par un diminutif: SACHSO. Projet élaboré en 1971 par l'Amicale des anciens déportés, fidèle aux valeurs de solidarité et de fraternité qui animaient ces derniers, cet ouvrage est d'une importance majeure pour une meilleure connaissance de la vie dans les camps.

"Sachso", travail collectif par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Collection Terre Humaine - Editions PLON
ISBN: 2-259-00894-1

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Jeudi 29 mars 2012 4 29 /03 /Mars /2012 13:21

Retour déportés colombe et chaine sur arc de triomphe

 

En cette année électorale importante, les victimes du nazisme et de la collaboration de l'Etat français réaffirment leur attachement à cette journée du souvenir de la Déportation.

Pourquoi faut-il toujours se souvenir ? Pourquoi faut-il sans cesse témoigner ?

Revenir sur le passé reste un préalable indispensable pour faire comprendre la tragédie humaine de la Déportation.

Survenue souvent aprés les épreuves de l'arrestation et de l'internement, la Déportation dans ses finalités répressive ou exterminatrice a touché des dizaines de milliers de nos compatriotes comme aussi de ceux qui avaient pensé trouver asile sur notre sol.

Jamais il n'a été plus indispensable de rappeler notre passé concentrationnaire qui peut sembler lointain aux générations nouvelles.

Les enseignements que nous en tirons restent actuels à nos yeux.

Malgré le temps qui passe et les mémoires qui s'éteignent, nous avons aussi le devoir de rappeler les leçons de notre histoire qui appellent à la lucidité et à la vigilance.

Loin de disparaître, le fanatisme, le racisme, la xénophobie ne cessent de ressurgir à travers un monde agité par des passions nationalistes et religieuses et des désordres économiques.

Cette journée du souvenir doit être tournée vers l'action. Les détenus, lorsqu'ils furent libérés, s'engagèrent pour que ces drames ne soient pas seulement un objet de commémoration.

En ce 67ème anniversaire de notre libération, notre objectif commun doit être de faire vivre dans notre société, l'histoire et la mémoire de phénomènes d'une dimension humaine si considérable par leurs origines, leurs ressorts et leurs conséquences, qu'ils ne peuvent ni ne doivent plus jamais laisser les consciences au repos.

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Ce message a été rédigé conjointement par La Fondation pour la Mémoire de la Déportation, la Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance, la Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes, l'Union Nationale des Associations de Déportés, Internés et Familles de disparus, ainsi que par les Anciennes Déportées et Internées de la Résistance.                                      

Par Michel C. - Publié dans : Actualité - Communauté : Passeurs de mémoire
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 23:18

Adoptée le 1er novembre 2005, la résolution n° 60/7 de l'ONU a fixé au 27 janvier, la Journée internationale en mémoire des victimes de l'Holocauste, cette date célébrant la libération en 1945 du Camp d'Auschwitz-Birkenau.   Luciole de Birkenau (2009)

(Contre l'oubli à Birkenau - Photo MC 2009)

" Les hommes doivent s'aligner à part, les femmes à part. Ce réglement est tombé sur nous comme la foudre. Maintenant que chacun est arrivé à la dernière étape, que nous sommes arrivés au bout de la route, on nous ordonne de nous séparer, de couper ce qui est indissolublement lié. Personne ne bouge car personne ne peut croire en ce qui est impossible à croire. Il est impossible que le non réel devienne réalité, qu'il devienne un fait. (...) On sentait que maintenant arrivait le moment culminant, le moment où il fallait se consoler l'un l'autre et se donner du courage ".                  Zalmen Gradowski 

118 - Feuillet ONU

2008: feuillet édité par l'ONU à l'occasion de la Journée internationale du souvenir des victimes de l'Holocauste.

Par Michel C. - Publié dans : Actualité - Communauté : Passeurs de mémoire
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 16:20

 A l'occasion d'une exposition présentée à Bergerac le 4 novembre 2011 consacrée au regard des jeunes sur la Déportation, Madame Betty Wieder, présidente de la section Dordogne de la LICRA répond à un interview de la radio Canal Pourpre. Un entretien convaincant quant à l'engagement de la LICRA auprés des jeunes générations comme des institutions telles que la police et la gendarmerie, voire même du milieu sportif, afin de donner à tous les moyens de prévenir, identifier et dénoncer les comportements racistes.

Sur le thème propre de la transmission de la mémoire de la Déportation, vous découvrirez l'implication des jeunes générations vis-à-vis du role qui leur incombe dés lors qu'elles ont accepté et intégré dans leur vie citoyenne, les leçons du passé. Pour un résultat aussi décisif, Betty Wieder rappelle que rien ne peut remplacer la visite des camps, et que sur les lieux même des exactions nazies, ces jeunes, comme chaque visiteur, ont rendez vous avec l'Histoire. Cette implication réussie est encourageante, et devrait faire réfléchir un certain nombre d'associations mémorielles sur l'avenir qui leur est réservée si elles s'obstinent à cultiver l'exclusion sous prétexte d'une légitimité historique que leurs responsables par les options choisies rendent dorénavant contestable. Madame Wieder ici reprend les mots clés qui devraient sans cesse guider nos pas, défendant l'idée d'un travail de mémoire pluriel, éclairé et indépendant. L'espoir de "construire" sur ces bases une citoyenneté contemporaine vigilante et tolérante. 

 

 

 

Par Michel C. - Publié dans : Actualité - Communauté : Passeurs de mémoire
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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 23:20

Nous reprenons la dépêche publiée par l'AFP Cannes ce jour sur les propos de Lars Von Trier. Ramené dans les clous par une direction du festival intransigeante vis-à-vis de telles paroles, Mr Lars Von Trier a fini par présenter ses excuses... Sans blague ! Parce que des excuses aprés avoir achevé une conférence de presse en affirmant "I'm a nazi", face aux médias internationaux, et en toute connaissance de cause, aurait un sens...! Au mot écrit sur le poing de l'intéressé, nous savons à quoi nous en tenir...1523975 3 b884 le-realisateur-danois-lars-von-trier-qui

" Par AFP Cannes, Mercredi 18 mai 2011, 11:06

 Le malaise a été immédiat et Kirsten Dunst, actrice de "Melancholia" de Lars Von Trier, a la première manifesté son embarras: les propos du réalisateur danois, pendant une conférence de presse en milieu de journée, ont fait le buzz autant sur la Croisette que sur les réseaux sociaux.

Connu pour ses provocations, Von Trier a affirmé qu'il "comprend" Hitler et jugé que "Israël fait vraiment chier". "Je dis seulement que je comprends l'homme. Il n'est pas vraiment un brave type (...) mais je sympathise un peu avec lui", a-t-il ajouté. "Je suis avec les juifs bien sûr, mais pas trop, parce qu'Israël fait vraiment chier".
 
"Emue", la direction du festival l'a invité à s'expliquer peu après. Dans un communiqué, le cinéaste a présenté ses "excuses", assurant qu'il n'était "ni antisémite, ni raciste, ni nazi". Prenant acte, le festival a réaffirmé "qu'il n'admettra jamais que la manifestation puisse être le théâtre, sur de tels sujets, de semblables déclarations". 
Photo deLars Von Trier le 18 mai à Cannes - AFP François Guillot
Par Michel C. - Publié dans : Actualité - Communauté : Passeurs de mémoire
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Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 00:50

Attention danger !

L’Etat français est en charge de fonctions régaliennes, dont font partie la sécurité extérieure et la sécurité intérieure du pays, nul ne le conteste. L’histoire du XX° siècle marquée par les crimes de masse et les persécutions et génocides touchant les Juifs et les Tsiganes impose toutefois un regard rétrospectif dès lors que certains propos menacent l’âme du pays et sa cohésion.

L’instrumentalisation des thèmes sécuritaires dans le discours politique actuel doit être décryptée et dénoncée.

Le général de Gaulle évoquait la nécessité de hisser sans cesse la France vers les sommets. Les déclarations récentes entendues aux plus hauts niveaux de l’Etat la tirent plutôt vers le bas.

Des vagues d’indésirables ?

La France a vécu des épisodes migratoires antérieurs. Elle n’en n’est pas morte…mais n’a pas  non plus lieu de se glorifier de la manière dont elle les a accueillis et traités. Faut-il rappeler les réticences d’une grande partie de la population française à l’égard des Républicains espagnols réfugiés de la Retirada, ces « gens sales, illettrés, voleurs et paresseux qui venaient ajouter aux difficultés quotidiennes de la vie des bons Français et manger leur pain » ? C’était le discours repris par une certaine droite nationaliste, xénophobe et égoïste. Sans parler de l’embarras des pouvoirs publics totalement dépassés par un exode massif qu’ils s’étaient refusé à voir venir et qui déboucha sur la constitution des premiers grands camps d’internement.

L’on sait par la suite les pressions exercées pour contraindre cette population réfugiée à rentrer « volontairement » chez elle, où le régime fasciste de Franco l’attendait de pied ferme. Le rapprochement permet des doutes sérieux sur la notion de « retour volontaire ». A l’opposé de ce discours, la ferveur populaire d’une partie de la France, cette France là, anonyme et modeste, qui s’est mobilisée pour venir en aide aux réfugiés espagnols, a incarné l’honneur de la République.

Pas si indésirables…

Est-il nécessaire de rappeler la part courageuse et exemplaire prise à nos côtés dans la guerre contre l’Allemagne nazie par ces « gens sales, illettrés voleurs et paresseux » restés malgré tout en France, leur engagement dans la Résistance contre l’occupant après la défaite, celui héroïque de groupes espagnols dans les combats du plateau des Glières ou encore le prix très lourd payé par près de 7 000 autres, prisonniers de guerre, ignorés honteusement par le Régime de Vichy et abandonnés à l’Allemagne nazie qui les traita en « apatrides » et les déporta, principalement au camp de concentration de Mauthausen, dont la plupart ne sont jamais rentrés ?

Faut-il rappeler que des soldats de la 2ème Division blindée entrés les premiers à Paris avec la colonne Dronne, étaient des …Espagnols ?

Ce seul exemple devrait inciter à la prudence et à la retenue dans le discours.

Une extermination que l’on occulte un peu vite

Les populations Sintis, Roms, Manouches, Gitans, qualifiées globalement de Zigeuner (Tsiganes) par le régime nazi et classées dans la catégorie la plus basse des « sous-hommes », ont fait l’objet d’un génocide tout aussi systématique en Allemagne et en Europe centrale occupée, que celui des Juifs et ont subi des expérimentations médicales d’une cruauté qui font encore frémir la mémoire des survivants. En France elles furent visées surtout par la honte et la misère de l’internement administratif. On en parle moins, voire pas du tout, cette population étant discrète, effacée et peu prolixe. Qui s’en souvient aujourd’hui ? Qui a évoqué ce martyre passé ? A lui seul pourtant ce rappel justifierait des égards, marques de considération et de soutien, voire réparations, comparables à ceux consentis à d’autres. Qui y songe ?

Le cycle des violences de masse en marche ?

Jacques Sémelin[1] , auteur d’une encyclopédie sur les violences de masse, insiste sur le rôle des représentations, qu’il situe en amont de ce processus. Pour lui, le massacre est le résultat d’une démarche mentale créant un « imaginaire de l’ennemi opposé à l’imaginaire de soi », instaurant une perception négative de l’Autre dans l’imaginaire collectif. Chaque être humain peut avoir des fantasmes de destruction de l’autre. Dans le cas du crime de masse ces fantasmes basculent dans la réalité collective. Il tente en conséquence d’analyser l’articulation entre imaginaire et réel, où l’exploitation de la peur et de l’inquiétude facilite la définition d’entités mythiques à partir desquelles se construisent en interaction un « Eux », figuratif de l’ennemi et un Nous, censé incarner le bien. Il place à l’origine du processus le discours des leaders d’opinion (politiques, intellectuels, médiatiques ou religieux) proposant chacun leur lecture de la situation, comme par exemple: le pays ne va pas bien, mais si nous commencions par nous débarrasser de ces gens là ça irait beaucoup mieux.

Un discours globalisant et accusateur irrecevable

C’est ce discours là, aménagé, mais emprunté à l’extrême droite française, qui tend aujourd’hui à s’imposer dans l’appareil d’Etat et qu’il faut dénoncer. En désignant dans un même discours, les « gens du voyage et les Roms » comme facteurs d’insécurité, le Chef de l’Etat divise la collectivité nationale, crée des entités négatives jugées « indésirables » opposées à des entités positives imaginaires. Il flatte les égoïsmes et exacerbe les crispations identitaires qui s’opposent, bref dresse les Uns contre les Autres. Lorsqu’il parlait de la « racaille » (entité mythique sans consistance, auquel chacun donne le contenu qu’il veut bien selon ses fantasmes) il « la » livrait déjà à la vindicte populaire. Il eût été plus noble de mobiliser la collectivité nationale pour trouver les voies et moyens possibles d’une intégration économique et psychologique réussie, en tout cas d’une insertion dans la vie active. Cela n’exclut nullement les poursuites pénales individuelles, exercées sous l’autorité du pouvoir judiciaire et non de l’exécutif, dès lors qu’elles sont justifiées, ni la recherche de solutions à l’échelle européenne. Mais que la France, souvent prompte à donner des leçons, donne d’abord l’exemple en l’Europe, à l’heure où les ultranationalismes refont surface un peu partout, avec tous les dangers dont sont potentiellement porteurs leurs égoïsmes et leur violence.

 La France n’a pas les moyens ?

S’exprimant il y a quelques semaines sur France Culture, le ministre des affaires européennes, Pierre Lellouche, ancien Haut-représentant de la France en Afghanistan, tenait un discours à deux vitesses, dont la distorsion entre des propos constructifs à l’égard de l’Afghanistan, justifiant la présence française, une pédagogie à développer à l’égard du peuple Afghan, décrivant les menaces que cette région fait peser sur la sécurité du monde et l’aide indispensable à apporter à l’armée nationale afghane etc., contrastaient avec les propos soudainement raidis, brutaux et accusateurs visant les quelques Roms installés dans sa circonscription électorale du 3ème arrondissement de Paris. Il n’était soudain plus question de pédagogie: seulement d’opprobre, de dénonciation collective et d’exclusion. Exigences d’un certain électorat qui tendrait à se dérober ?

Ainsi donc la France aurait les moyens de soutenir une guerre lointaine à l’issue bien incertaine en faveur du peuple Afghan et serait incapable de dégager quelques moyens humains, financiers et citoyens autres que sa Police, en faveur de quelque 15 000 Roms ?

Les signaux de l’histoire

Le chef de l’Etat pourrait méditer d’autres signaux de l’histoire.

Pétain s’était voulu lui aussi recours et « référence » d’une France abasourdie par sa défaite militaire et privée de repères et de perspectives. Il a alors élaboré le concept d’anti-France. Après avoir bénéficié quelque temps de la confiance des Français, il la perdit lorsque leurs yeux se sont enfin ouverts sur les grandes rafles de Juifs. Une vague réprobatrice monta alors « de la France d’en bas ».

Le haut-le-cœur des consciences d’aujourd’hui contre la chasse aux Roms et les mesures touchant « les gens du voyage », exécutées sans état d’âme par des fonctionnaires disciplinés, marque le début d’un réveil des consciences. Il prouve que notre pays a encore un cœur et des tripes. Soyons en fiers. C’est aussi cela l’âme de la France !

Appeler les Français à la solidarité pour aider et encadrer les Roms aurait une autre tenue et une autre valeur symbolique. L’ethnologue, ancienne déportée, Germaine Tillion ne disait-elle pas dans un de ses derniers entretiens que le désespoir faisait le lit des terroristes en puissance ? Sémelin l’exprime autrement en mettant en garde contre les représentations négatives qui font de gens ordinaires des assassins en puissance.

Où est passée la devise de la République ? La désobéissance civique comme forme de résistance à de telles dérives pourrait bien devenir l’ultime recours des consciences qui restent lucides dans la tourmente.

 

Marie José Chombart de Lauwe

Résistante déportée

Grand officier de la Légion d’Honneur

Directeur de recherche honoraire du CNRS

Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation



[1] Directeur de recherche au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) du CNRS.

Par Michel C. - Publié dans : Actualité - Communauté : Passeurs de mémoire
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