Terre ! N'efface pas leurs visages
En 1941, le pédagogue polonais Janusz Korczak, alors enfermé dans le ghetto de Varsovie se rend à l'école hébraique de Michael Zylberberg. Il y assiste à la répétition par les enfants de l'école
d'une pièce de théatre intitulée Les Lucioles. Cette pièce raconte l'histoire tragique de Juifs résistant à l'occupant romain dans une forteresse du nom de Masada. Refusant de se
soumettre, ils se suicideront. La pièce s'achèvent par ce poème qui toucha particulièrement Janusz Korczak, en charge de près de 150 orphelins dans les conditions terribles du ghetto qu'il
rejoignit avec eux le 29 novembre 1940:
La chaine n'a pas été rompue,
La chaine continue,
Des parents aux enfants,
Du père au fils.
Voici comment dansaient nos parents,
Une main posée sur le dos de celui qui est devant,
Et dans l'autre une Torah,
Portant la lumière là où tout est sombre.
Ainsi, nous aussi, nous continuerons à danser,
Avec nos esprits bien éveillés.
Nous continuerons à danser, danser,
Et la chaîne ne sera jamais rompue.
Illustration: La Chaine de la descendance. Francine Mayran-Herzog, peintre et psychiatre expose au centre socio-culturel franco-allemand de Karlsruhe du 7 septembre au 9 octobre 2009.
Titre de l'exposition: La Shoah et son ombre.