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Terre ! N'efface pas leurs visages
" Etre humain signifie pointer vers, se diriger vers quelque chose au delà de soi, ou bien une cause à servir, ou
bien un être à aimer " Viktor Frankl
Matricule 65983
Camp d'oranienburg-Sachsenhausen

Trois cent témoins ont apporté leur contribution à cette oeuvre relatant l'histoire des Français dans le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, camp central dans le système
concentrationnaire nazi, et désigné par les déportés eux mêmes par un diminutif: SACHSO. Projet élaboré en 1971 par l'Amicale des anciens déportés, fidèle aux valeurs de
solidarité et de fraternité qui animaient ces derniers, cet ouvrage est d'une importance majeure pour une meilleure connaissance de la vie dans les camps.
"Sachso", travail collectif par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Collection Terre Humaine - Editions PLON
ISBN: 2-259-00894-1

Maire en zone
occupée pendant la Seconde Guerre Mondiale, Théodore (Marc Lavoine) voit arriver dans son village une famille gitane accompagnée du P'tit Claude, un orphelin de neuf ans qu'elle a
recueilli. De son coté, Mademoiselle Lundi (Marie-Josée Croze), l'institutrice, apporte son aide à la résistance locale grâce à son emploi auprès du maire. Humaniste et républicaine
convaincue, elle va au devant des gitans installés en lisière du village. Si les grands comptent participer aux vendanges, elle les persuade de lui envoyer à l'école les
enfants. Parmi eux vit Taloche (James Thiérrée), grand enfant de trente ans avec qui P'tit Claude (Mathias Laliberté) se liera d'amitié. Mais les lois de Vichy posent de plus
en plus de contraintes vis à vis du mode de vie nomade de cette famille. Victimes des interdits de circulation, et du délit de "sale gueule", les gitans sont d'abord internés dans un
camp. Emus par leur sort Théodore et Mademoiselle Lundi se battent pour leur libération, pour leur dignité, au risque de passer eux mêmes pour des gens dangereux pour l'Etat français de Pétain.
Mais la machine administrative est en route, appuyée par les forces de l'ordre française. Au bout du chemin, l'internement ou la déportation.
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Un proverbe tsigane indique: "chacun a droit à sa place dans l'ombre". Mais nous avons envie d'ajouter, " dans une certaine limite cependant ", et que dans le cas des bohémiens
de France, le film " Liberté " replace trés justement ces enfants, ces femmes et ses hommes, victimes d'une persécution orchestrée par les autorités nationales au coeur
de notre mémoire collective. La valeur de ce film est ici, dans la réappropriation d'un passé si longtemps mis de côté, à travers le destin croisé d'une famille gitane stigmatisée dans sa
différence, et celui d'une résistante victime elle aussi puisque finalement arrétée, torturée et déportée. Tony Gatlif s'est inspiré de l'histoire vraie d'une résistante, Mme
Yvette Lundy, déportée à Ravensbruck, et de celle d'un gitan français aidé dans un village par un notaire. Il saisit alors l'occasion pour apporter un témoignage sur cette période trouble de
notre histoire nationale, malgré les difficultés rencontrées puisque comme il le dit, " le problème est qu'il n'existe pas grand chose sur ce sujet. Pas de film, trés peu de livre. Juste des
chapitres ici ou là dans des ouvrages consacrés à l'histoire des Tsiganes. Il n'est même pas mentionné dans les livres scolaires ! ".