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Terre ! N'efface pas leurs visages
" Etre humain signifie pointer vers, se diriger vers quelque chose au delà de soi, ou bien une cause à servir, ou
bien un être à aimer " Viktor Frankl
Matricule 65983
Camp d'oranienburg-Sachsenhausen

Trois cent témoins ont apporté leur contribution à cette oeuvre relatant l'histoire des Français dans le camp de concentration d'Oranienburg-Sachsenhausen, camp central dans le système
concentrationnaire nazi, et désigné par les déportés eux mêmes par un diminutif: SACHSO. Projet élaboré en 1971 par l'Amicale des anciens déportés, fidèle aux valeurs de
solidarité et de fraternité qui animaient ces derniers, cet ouvrage est d'une importance majeure pour une meilleure connaissance de la vie dans les camps.
"Sachso", travail collectif par l'Amicale d'Oranienburg-Sachsenhausen - Collection Terre Humaine - Editions PLON
ISBN: 2-259-00894-1

M. Koscielniak est un dessinateur, peintre, et graphiste d'origine polonaise, né le 29 janvier 1912 et décédé le 5 mars 1993. De renommée internationale, son oeuvre fascine tout autant les
historiens de l'art, que les intellectuels, les hommes politiques que les hommes de religions ou les militaires. Humaniste attentif à l'évolution du monde, M. Koscielniak a ainsi pu
cottoyer le Général Eisenhower, l'écrivain Michal Rusinek, Jean Paul II et bon nombre de stars hollywoodiennes !
Mieczyslaw Koscielniak posséde un talent pictural évident, découvert dés son plus jeune âge, et qui lui permet d'intégrer sans difficulté l'université des Beaux-Arts de Cracovie.
Malheureusement, la seconde guerre mondiale interrompt ses projets artistiques, d'autant que tombé dans les mains de l'occupant allemand, il prend la direction des camps de la mort nazis. Déporté
en février 1941 (l'Allemagne envahit la Pologne en janvier), c'est dans le camp
d'Auschwitz qu'il est enregistré sous le numéro matricule 15261 (voir autoportrait ci-contre réalisé en 1944). Malgré tout, conscient de toucher en ces lieux les tréfonds de la
déchéance et de l'horreur humaine, il s'obstine et poursuit son activité artistique jusqu'au bout, dessinant obstinément une à une, chaque situation de la vie quotidienne, chaque
persécution, chaque dessin, chaque peinture constituant une victoire sur l'indiscible ! Face à un danger de plus en plus grand, et grâce à l'abnégation d'un réseau
clandestin, il parvient à mettre à l'abris hors du périmètre du camp, une grande partie de ses oeuvres, aujourd'hui présentées au grand public dans le cadre du musée du camp
d'Auschwitz.
Aprés sa libération en mai 1945, Mieczyslaw Koscielniak finit par rejoindre les troupes américaines avec lesquelles il engage les ultimes combats contre les régiments SS acculés. Blessé
une seconde fois, sa convalescence lui donnera l'occasion de dessiner les portraits de nombreux officiers américains.
Le second conflit mondial terminé, il s'en retourne vers sa patrie meurtrie, la Pologne, alors que la nationalité américaine lui tend les bras. Il partcipe alors au projet du Musée du Camp
d'Auschwitz dont il devient l'un des fondateurs, musée auquel il lègue environ 500 oeuvres réalisées pendant sa déportation, autant de témoignages "vivants" des atrocités nazies. Sa production
artistique dépasse bien entendu le seul sujet des camps, et devenu un artiste accompli et reconnu, il participera à de trés nombreuses expositions à travers le monde entier. Mais au delà de la
représentation des horreurs qui malgré lui nourrisent sa condition d'humain, c'est le message universel véhiculé par son art qui touche la conscience du spectateur. Un message de vigilance
totale envers toutes les manifestations du fanatisme et de l'intolérance.


Enfin, signalons que Mieczyslaw Koscielnialk réalisa le portrait du père franciscain Maximilien Kolbe, qu'il rencontra au printemps 1941 dans le camp d'Auschwitz, et qui fut canonisé le 10
octobre 1982 par le pape Jean Paul II, lui même polonais. Ce portrait illustre un timbre polonais commémoratif du martyre du père Kolbe qui sacrifia sa vie pour sauver un père de famille.